Épidémie de hantavirus sur le MV Hondius : six cas confirmés après le décès d'une Allemande
Une épidémie de hantavirus à bord du paquebot MV Hondius, battant pavillon néerlandais, a fait une troisième victime et compte désormais six infections confirmées, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi. Une Allemande de 65 ans décédée à bord a été testée positive à la variante Andes du hantavirus, portant à six le nombre de cas confirmés, avec deux cas probables supplémentaires en cours d'investigation. L'épidémie a déclenché une opération mondiale de recherche des contacts et la mise en quarantaine d'environ 150 personnes encore à bord du navire.
Contexte : un voyage mortel
Le MV Hondius, exploité par Oceanwide Expeditions, a quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026, avec environ 175 passagers et membres d'équipage de 23 nationalités. Le navire a traversé l'Antarctique, les îles de Géorgie du Sud, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène et l'île de l'Ascension avant d'atteindre le Cap-Vert. Pendant ce voyage, des passagers ont commencé à tomber malades d'une grave maladie respiratoire identifiée plus tard comme le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) causé par le virus Andes.
Les deux premiers décès étaient un couple néerlandais, âgé de 70 et 69 ans, décédé à quelques jours d'intervalle mi-avril. Un troisième décès, celui de l'Allemande, a été confirmé cette semaine après que des échantillons de tissus ont été transportés aux Pays-Bas pour analyse. La transmission du hantavirus Andes est particulièrement préoccupante car c'est le seul hantavirus connu pour se transmettre d'une personne à l'autre par contact étroit et prolongé.
Situation actuelle : six confirmés, deux probables
Cas confirmés et hospitalisations
Selon l'OMS, six cas d'infection par le hantavirus Andes ont été confirmés en laboratoire au 9 mai 2026. Deux cas supplémentaires sont classés comme probables, en attendant les résultats. Quatre patients restent hospitalisés, dont un Britannique en soins intensifs en Afrique du Sud. Une hôtesse néerlandaise a été testée négative après évacuation, mais un passager britannique est soupçonné d'être infecté.
Les tissus de l'Allemande ont été prélevés lors de vols d'évacuation médicale qui ont transporté trois autres passagers malades aux Pays-Bas. Une Allemande en contact étroit avec la défunte a été évacuée vers un hôpital en Allemagne pour observation, mais a été testée négative.
Statut du navire et quarantaine
Environ 150 personnes restent à bord du Hondius, qui se dirige vers les îles Canaries. Le navire est attendu à Santa Cruz de Tenerife dimanche 10 mai. Aucune des personnes à bord ne présente de symptômes. Les ressortissants néerlandais seront rapatriés dès que possible et soumis à une quarantaine obligatoire de six semaines à domicile aux Pays-Bas.
L'opération mondiale de recherche des contacts est l'une des plus complexes de l'histoire maritime récente, les autorités sanitaires de plusieurs pays traquant les passagers débarqués dans divers ports.
La variante Andes : un pathogène rare mais mortel
Le virus Andes (ANDV) est un hantavirus du Nouveau Monde présent principalement en Amérique du Sud, où il est véhiculé par le rat pygmée à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus). Contrairement à la plupart des hantavirus, la variante Andes peut se transmettre d'homme à homme par contact étroit et prolongé ou exposition aux liquides biologiques.
Symptômes et taux de létalité
Le syndrome pulmonaire à hantavirus évolue en trois phases. Les premiers symptômes apparaissent 1 à 8 semaines après l'exposition et comprennent fièvre, courbatures, maux de tête, nausées et vomissements. Cette phase prodromique dure 1 à 5 jours, suivie d'une phase cardiopulmonaire caractérisée par une toux, un essoufflement et une progression rapide vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et un choc. La phase de récupération peut prendre des mois, avec des difficultés respiratoires persistantes jusqu'à deux ans.
Le taux de létalité de l'infection par le virus Andes est estimé entre 30 et 50 %, ce qui en fait l'une des infections virales les plus meurtrières connues. Il n'existe aucun traitement antiviral spécifique ni vaccin ; les soins sont de soutien et peuvent inclure une ventilation mécanique, une oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) et une surveillance intensive.
Mode de transmission
Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, le virus Andes est le seul hantavirus connu pour se transmettre d'une personne à l'autre. La transmission nécessite un contact étroit et soutenu avec une personne infectée. La fenêtre de transmission est courte, culminant autour du début de la fièvre. Le virus ne se propage pas par contact occasionnel, et les autorités sanitaires soulignent que le risque pour le grand public reste très faible.
L'infection primaire se produit par inhalation d'excrétas de rongeurs aérosolisés. L'épidémie sur le Hondius aurait commencé avec un passager masculin qui a contracté le virus lors d'une excursion d'observation des oiseaux dans une décharge à Ushuaia, avant d'embarquer.
Réponse mondiale et mesures de santé publique
Coordination internationale
L'OMS, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et les CDC participent activement à la réponse. Les CDC ont déployé une équipe d'épidémiologistes aux îles Canaries pour évaluer les risques d'exposition des passagers américains. Le gouvernement américain a organisé un vol d'évacuation médicale vers le Centre national de quarantaine du Nebraska Medical Center à Omaha.
Plusieurs États américains surveillent les passagers rentrés chez eux. Les autorités britanniques, allemandes, sud-africaines, espagnoles et suisses mènent également des opérations de recherche des contacts.
L'évaluation des risques de l'OMS pour le hantavirus estime actuellement le risque mondial comme faible, soulignant qu'il ne s'agit pas d'une menace de niveau pandémique. Le Dr Maria Van Kerkhove, responsable des maladies infectieuses à l'OMS, a déclaré : 'Il s'agit d'une épidémie contenue. Le virus Andes ne se propage pas facilement entre les personnes et les mesures prises sont appropriées pour empêcher toute transmission supplémentaire.'
Quarantaine et prévention
Les autorités néerlandaises ont imposé une quarantaine à domicile de six semaines pour tous les ressortissants néerlandais qui se trouvaient à bord du Hondius. Cette période reflète la durée maximale d'incubation du hantavirus (4 à 42 jours). Les passagers sont invités à surveiller les symptômes et à consulter immédiatement un médecin en cas d'apparition.
Les mesures de prévention recommandées par les CDC comprennent l'évitement du contact avec les rongeurs et leurs excréments, le lavage fréquent des mains, le maintien d'une distance avec les personnes malades et le non-partage d'objets personnels. Aucun vaccin n'est actuellement approuvé pour la prévention du hantavirus aux États-Unis ou en Europe.
Foire aux questions
Qu'est-ce que le hantavirus ?
Le hantavirus est une famille de virus transmis principalement par les rongeurs. L'infection humaine peut provoquer le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), une maladie respiratoire grave avec un taux de létalité de 30 à 60 %. La variante Andes est la seule connue pour se transmettre entre humains.
Comment le virus Andes se transmet-il d'une personne à l'autre ?
Le virus Andes se propage par contact étroit et prolongé avec une personne infectée, y compris le contact physique direct ou l'exposition à des liquides biologiques. Il ne se transmet pas par contact occasionnel. La fenêtre de transmission est courte, généralement autour du début de la fièvre.
Quels sont les symptômes de l'infection par le hantavirus ?
Les symptômes apparaissent 1 à 8 semaines après l'exposition et comprennent fièvre, courbatures, maux de tête, nausées, vomissements et diarrhée. En quelques jours, la maladie peut évoluer vers une toux, un essoufflement et une insuffisance respiratoire rapide. Toute personne présentant ces symptômes après une exposition potentielle doit consulter immédiatement un médecin.
Existe-t-il un traitement ou un vaccin contre le hantavirus ?
Il n'existe aucun traitement antiviral spécifique ni vaccin. Les soins sont de soutien, axés sur la gestion de la détresse respiratoire. Une intervention médicale précoce est cruciale pour la survie.
Le grand public doit-il s'inquiéter de cette épidémie ?
Les autorités sanitaires, dont l'OMS et les CDC, soulignent que le risque pour le grand public reste très faible. L'épidémie est limitée aux personnes se trouvant à bord du MV Hondius ou ayant eu un contact étroit avec des passagers infectés. Le virus ne se propage pas facilement et n'est pas comparable au COVID-19 en termes de potentiel pandémique.
Sources
Cet article est basé sur des informations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), de l'Institut national néerlandais pour la santé publique et l'environnement (RIVM), et des reportages de NOS, Associated Press, ABC News et Newsweek.
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