Une enseignante belge de Flandre-Orientale a été licenciée pour avoir refusé de retirer son foulard, une première en Flandre. Hadija Amajoud, du Kiempunt Campus Assenede, a perdu sa nomination définitive lundi après une deuxième procédure disciplinaire liée aux règles de neutralité provinciales.
Contexte : l'origine du licenciement
Amajoud enseignait dans cette école provinciale depuis septembre 2022, portant déjà un foulard alors qu'aucune interdiction n'existait. Elle a obtenu un contrat définitif le 1er janvier 2024. Le conflit éclate après l'introduction, au 1er septembre 2024, d'un règlement interdisant les symboles religieux visibles, sauf pour les professeurs de religion. La province lui propose alors un poste de professeur de religion islamique, qu'elle refuse. « Je ne veux pas être réduite à ma foi. Vous portez un foulard ? Alors allez enseigner l'islam », dit-elle.
Chronologie du conflit
- Septembre 2022 : Amajoud commence à enseigner avec un foulard.
- 1er janvier 2024 : nomination définitive.
- Mai 2024 : première procédure disciplinaire, suspendue faute de règles solides.
- 1er septembre 2024 : nouvelles règles de neutralité.
- Septembre 2026 : licenciement après une deuxième procédure.
Les règles flamandes de neutralité pour les enseignants alimentent le débat en Belgique, où l'éducation est régulée au niveau provincial. La coalition de Flandre-Orientale réunit N-VA, CD&V et Vooruit.
Bataille juridique : avis du VMRI contre décision de justice
Amajoud a saisi l'Institut flamand des droits humains (VMRI), qui lui a donné raison : discrimination directe avant l'entrée en vigueur des règles, puis indirecte, car un code vestimentaire neutre contraint en pratique les femmes musulmanes à choisir entre leur emploi et une part essentielle de leur identité. Le VMRI n'a trouvé aucune preuve que le foulard nuise à la neutralité des cours.
Recommandations de l'Institut
- Autoriser Amajoud à travailler avec son foulard.
- Retirer l'interdiction générale des symboles religieux dans l'enseignement provincial.
Cet avis est une recommandation forte, non contraignante. En mai 2026, un juge rejette son recours : elle a choisi l'enseignement et doit respecter des règles approuvées démocratiquement. Le précédent juridique belge sur le foulard sera réexaminé : le syndicat socialiste ACOD annonce un appel.
Conséquences du licenciement
Amajoud estime que l'affaire dépasse sa personne. « Il ne s'agit pas seulement de mon foulard. C'est un droit fondamental à l'expression religieuse », dit-elle. « Je perds mon emploi, mon revenu, ma sécurité et ma nomination définitive. » Elle invoque aussi la pénurie d'enseignants.
La province a étendu ses règles de neutralité aux élèves dès le 1er septembre 2026. Les experts en liberté religieuse dans l'éducation estiment que l'issue pourrait influencer d'autres provinces belges et pays européens.
FAQ : l'interdiction du foulard en Flandre-Orientale
Pourquoi Amajoud a-t-elle été licenciée ?
Elle a refusé de retirer son foulard en classe, en violation des règles de neutralité en vigueur depuis le 1er septembre 2024.
Le foulard est-il interdit dans les écoles belges ?
Les règles varient selon les provinces et réseaux. En Flandre-Orientale, enseignants et élèves n'y sont plus autorisés, sauf les professeurs de religion.
Que dit l'Institut flamand des droits humains ?
Il relève une discrimination directe puis indirecte et recommande de laisser Amajoud travailler et de retirer l'interdiction générale, mais son avis n'est pas contraignant.
Un appel est-il prévu ?
Oui, le syndicat ACOD a annoncé un appel, qui pourrait créer un précédent juridique.
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