Dans un geste sans précédent, la ville japonaise d'Utsunomiya, située à environ 100 kilomètres au nord de Tokyo, a fermé lundi ses 94 écoles primaires et collèges après la première observation d'un ours jamais enregistrée. L'ours noir d'Asie a été aperçu samedi soir dans une zone résidentielle près d'un parc et reste en liberté, avec une dernière observation lundi matin à seulement un demi-kilomètre d'un collège. Cet incident met en lumière une crise croissante des conflits entre humains et ours au Japon, où les populations d'ours ont explosé et les rencontres en zones urbaines deviennent de plus en plus fréquentes.
Contexte : la crise grandissante des ours au Japon
Le Japon a connu une augmentation spectaculaire des incidents liés aux ours. Selon le ministère de l'Environnement, la population d'ours noirs d'Asie a triplé depuis 2012, passant d'environ 15 000 à 44 000 individus. En 2025, le Japon a enregistré 13 décès et plus de 100 blessés lors de rencontres avec des ours, le bilan le plus élevé depuis le début des relevés. Les attaques d'ours en hausse au Japon ont incité le gouvernement à créer un groupe de travail cette année.
Que s'est-il passé à Utsunomiya ?
L'ours a été vu pour la première fois samedi soir dans un parc. Malgré les efforts des autorités, il reste en liberté. Lundi matin, il a été repéré près d'un collège, ce qui a conduit à la fermeture des 94 écoles publiques. Les autorités ont indiqué que les écoles resteraient fermées jusqu'à la capture de l'ours. C'est la première fois qu'un ours est observé à Utsunomiya, marquant une expansion significative de son habitat en zone urbaine.
Incident précédent à Fukushima
La semaine dernière, une attaque d'ours dans la préfecture voisine de Fukushima a fait au moins quatre blessés. Des images de sécurité ont montré un ours poursuivant un employé à l'entrée d'une usine. Ces incidents étaient autrefois rares dans les régions densément peuplées du Japon, mais ils se produisent désormais avec une fréquence alarmante.
Pourquoi les rencontres avec les ours augmentent-elles ?
Les experts citent plusieurs facteurs :
- Changement climatique : des températures plus chaudes réduisent les sources de nourriture naturelle, forçant les ours à s'approcher des habitations.
- Dépeuplement rural : l'exode vers les villes laisse des terres agricoles à l'abandon, créant de nouveaux habitats.
- Déclin de la chasse : le nombre de chasseurs agréés est passé de 517 800 en 1975 à 218 500 en 2020.
- Conservation réussie : les efforts antérieurs ont protégé les habitats, permettant une forte récupération des populations.
Le biologiste Masahiro Ohnishi note que l'impact du changement climatique sur la faune est particulièrement aigu au Japon.
Réponse du gouvernement et mesures futures
Le ministère de l'Environnement a proposé un budget de 25 millions de dollars pour des équipes d'intervention locales et des programmes éducatifs. Le gouvernement a autorisé le déploiement des Forces d'autodéfense et donné à la police le pouvoir de tirer sur les ours. Certaines préfectures établissent des quotas de capture et des zones tampons. Les défenseurs de l'environnement plaident pour des solutions à long terme axées sur la coexistence.
FAQ : Rencontres avec des ours au Japon
Que faire en cas de rencontre avec un ours ?
Restez calme, ne courez pas, reculez lentement face à l'ours. Évitez le contact visuel direct et faites-vous paraître plus grand. En cas d'attaque, utilisez un spray anti-ours ou faites le mort.
Les attaques d'ours sont-elles fréquentes ?
Elles ont fortement augmenté : 13 décès et plus de 100 blessés en 2025. En 2024, plus de 20 000 observations d'ours ont été signalées.
Quelles espèces d'ours au Japon ?
L'ours noir d'Asie et l'ours brun d'Ussuri.
Pourquoi les ours viennent-ils en ville ?
Le changement climatique réduit les ressources naturelles, et le dépeuplement rural attire les ours.
Que fait le gouvernement ?
Un groupe de travail, 25 millions de dollars de financement, autorisation de tirer, déploiement des forces d'autodéfense, quotas de capture et zones tampons.
Sources
Cet article est basé sur des reportages de Kyodo News, The Independent, The Wildlife Society et Conservation Frontlines.
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