Part du dollar sous 57% : le virage multipolaire expliqué

Part du dollar sous 57% : virage multipolaire. Le FMI confirme un plus bas depuis 1995. BRICS+, or et yuan redessinent la finance. Impact sur les emprunts.

Part du dollar sous 57% : le virage multipolaire expliqué
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Pour la première fois depuis 1995, la part du dollar américain dans les réserves mondiales des banques centrales est tombée à 56,77% au T4 2025, selon les données COFER du FMI. Ce seuil historique confirme l'émergence d'un système monétaire multipolaire et soulève des questions sur la vitesse et les conséquences de cette transition.

Qu'est-ce qui motive le déclin des réserves en dollars ?

Trois facteurs principaux se conjuguent : l'armement du dollar via le gel des réserves russes en 2022, qui a incité les banques centrales à diversifier leurs avoirs ; la montée en puissance des infrastructures de paiement des BRICS+, avec 67% des échanges intra-bloc en monnaies locales début 2026 ; et les achats d'or records (plus de 1200 tonnes en 2025) par les banques centrales, en quête d'un actif de réserve neutre.

La révolution de l'infrastructure des BRICS+

Début 2026, les BRICS+ ont lancé « The Unit », un jeton de règlement numérique adossé à 40% d'or et 60% d'un panier de devises des membres. Destiné aux banques centrales, ce rail de règlement de gros sur blockchain vise à contourner SWIFT. En parallèle, BRICS Pay intègre les systèmes de paiement nationaux (SPFS, CIPS, UPI, Pix) et la plateforme mBridge offre un corridor de MNBC. Ces alternatives ne remplacent pas encore SWIFT, mais constituent les premières infrastructures multi-rails opérationnelles.

La renaissance de l'or et la poussée du yuan dans l'énergie

En 2025, les banques centrales ont acheté 1 200 tonnes d'or, portant leurs avoirs au-dessus des bons du Trésor américain pour la première fois. Goldman Sachs lie ces achats aux tendances de dédollarisation et au risque de sanctions. Parallèlement, le yuan gagne du terrain dans l'énergie : en mars 2026, CNOOC a réglé un achat de GNL en yuans via la bourse de Shanghai. Les accords pétroliers en yuans, roupies et dirhams réduisent la part du dollar dans les factures énergétiques.

Ce que cela signifie pour les coûts d'emprunt américains

J.P. Morgan estime qu'une baisse d'un point des avoirs étrangers en Treasuries (environ 300 milliards de dollars) pourrait augmenter les rendements de plus de 33 points de base. Une érosion de la demande de dette américaine renchérirait le coût de l'emprunt public, accentuerait la volatilité et se répercuterait sur les taux hypothécaires. La Fed peut atténuer ces effets, mais pas sans contreparties à long terme.

Le dollar s'effondre-t-il ?

Non. Le dollar domine toujours 88% des transactions de change. Il s'agit d'une perte de monopole progressive, non d'un effondrement. Les acteurs doivent désormais gérer la complexité multidevises et investir dans des capacités de trésorerie multidevises et des couvertures contre le risque de fragmentation.

Foire aux questions

Quelle est la part actuelle du dollar dans les réserves mondiales ?

Selon le FMI (T4 2025), le dollar représente 56,77% des réserves allouées, au plus bas depuis 1995.

Pourquoi les banques centrales achètent-elles autant d'or ?

Elles diversifient face aux risques de sanctions et à l'incertitude géopolitique. Leurs avoirs en or ont dépassé les Treasuries début 2026.

Qu'est-ce que le jeton « Unit » des BRICS ?

Lancé en 2026, « The Unit » est un jeton de règlement adossé à l'or (40%) et à un panier de devises, permettant des transactions entre banques centrales hors SWIFT.

La dédollarisation signifie-t-elle que le dollar va s'effondrer ?

Non, le dollar reste clé. La dédollarisation est une diversification graduelle vers un système multipolaire.

Comment la dédollarisation pourrait-elle affecter les consommateurs américains ?

Elle pourrait augmenter les rendements des Treasuries, donc les taux hypothécaires et les coûts d'emprunt, et renchérir les importations.

Perspectives : naviguer dans un avenir multi-rails

Le passage sous 57% est un signal. Le système financier construit des alternatives sans abandonner le dollar. Les acteurs doivent se préparer à des rails de règlement multiples et à des portefeuilles diversifiés. La part des « autres devises » a doublé depuis 2021 à 6,13%, confirmant une fragmentation structurelle en accélération.

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