Une vache utilisant des outils remet en question les hypothèses sur l'intelligence bovine
Dans une découverte remarquable qui réécrit ce que nous savons sur la cognition des animaux de ferme, une vache brune suisse de 13 ans nommée Veronika a démontré une utilisation avancée d'outils qui a étonné les scientifiques. La vache, qui vit dans une ferme biologique à Nötsch, en Autriche, a été observée utilisant des bâtons, des râteaux et des balais pour se gratter des parties difficiles d'accès de son corps—un comportement qui répond à la définition biologique de l'utilisation d'outils et représente une percée dans la compréhension de l'intelligence du bétail.
La recherche scientifique révèle un comportement avancé
Lorsque des vidéos du comportement de Veronika sont devenues virales en ligne, elles ont attiré l'attention de la professeure Alice Auersperg, une biologiste cognitive de premier plan à l'Université de médecine vétérinaire de Vienne. Auersperg et un collègue se sont rendus à la ferme pour mener des expériences et documenter de première main les compétences de la vache.
'Ce qui la rend unique, c'est qu'elle utilise un objet comme un outil multifonctionnel,' a expliqué Auersperg. 'Elle montre une utilisation d'outils intentionnelle, sensible au contexte, avec un ciblage moteur fin et de l'anticipation.'
Les chercheurs ont mené des expériences avec une raclette, qu'ils ont placée devant Veronika dans différentes positions. Ils ont d'abord pensé qu'elle faisait des erreurs en utilisant le côté lisse du manche pour se gratter, mais ont ensuite réalisé qu'elle utilisait consciemment différentes parties de l'outil pour différentes parties de son corps. Elle utilisait la partie à poils pour les zones larges comme son dos et ses flancs, tandis qu'elle utilisait la partie lisse du bâton pour les zones plus sensibles comme son ventre, ses pis et son anus.
Implications pour la recherche sur la cognition animale
Cette découverte ajoute les vaches à la liste croissante d'animaux connus pour utiliser des outils, aux côtés d'espèces comme les primates, les oiseaux, les éléphants et les dauphins. Selon la page Wikipédia sur l'utilisation d'outils par les animaux non humains, l'utilisation d'outils nécessite une cognition avancée et était autrefois considérée comme exclusivement humaine.
Le comportement de Veronika représente une forme exceptionnellement rare de manipulation multifonctionnelle d'outils qui n'avait auparavant été documentée de manière convaincante que chez les chimpanzés en dehors des humains. La vache montre une capacité de résolution de problèmes flexible en sélectionnant, adaptant et utilisant des outils avec une dextérité surprenante.
'Cela suggère que la résolution technique de problèmes n'est pas limitée aux espèces avec de gros cerveaux ou des appendices spécialisés,' ont noté les chercheurs dans un récent article d'Ars Technica sur la découverte.
Perspective de l'agriculteur et attention mondiale
L'agriculteur Witgar Wiegel a exprimé son étonnement face à l'attention médiatique internationale que sa vache a reçue. 'The Washington Post, The New York Times, Le Figaro, The Guardian, The Süddeutsche Zeitung—ils ont tous appelé,' a-t-il dit.
Wiegel n'est cependant pas déçu par l'attention. Il trouve important que les gens comprennent de quoi les animaux sont capables et ne supposent pas que les animaux de ferme sont inintelligents. 'Les gens doivent reconnaître ce que les animaux peuvent faire et ne pas penser que les animaux de ferme sont stupides,' a-t-il souligné.
La découverte a été traitée par de grandes publications dont The New York Times et Popular Science, soulignant son importance dans la communauté scientifique.
Questions de recherche futures
Les scientifiques se demandent maintenant si Veronika est un individu exceptionnellement intelligent ou si d'autres vaches possèdent des capacités cognitives similaires non découvertes. Sa longue durée de vie (13 ans), son contact quotidien avec les humains et son accès à un environnement stimulant ont probablement contribué à ce développement cognitif.
Les chercheurs croient que de telles compétences pourraient être plus répandues chez le bétail qu'on ne le reconnaît actuellement et invitent à des observations de comportements similaires chez d'autres vaches ou taureaux. La découverte remet en question les hypothèses traditionnelles sur l'intelligence bovine et suggère que nous devrons peut-être reconsidérer la façon dont nous percevons et traitons les animaux de ferme.
Alors que la recherche sur la cognition animale continue de s'étendre, des découvertes comme l'utilisation d'outils par Veronika nous rappellent que l'intelligence se manifeste de diverses manières dans le règne animal, souvent chez les espèces auxquelles nous nous y attendons le moins.
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