Le Pentagone déplace la charge de la défense sur ses alliés

La Stratégie de Défense Nationale 2026 du Pentagone transfère la responsabilité de la défense aux alliés. La Corée du Sud et l'Europe doivent désormais assurer leur propre sécurité avec un soutien américain limité, tandis que les États-Unis recentrent leurs priorités sur la défense de l'hémisphère occidental.

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Le Pentagone déplace la charge de la défense sur ses alliés

Le Pentagone a publié sa Stratégie de Défense Nationale 2026, marquant un changement significatif dans la politique étrangère américaine. Le document de 34 pages, signé par le secrétaire à la Défense Hegseth, indique clairement aux alliés qu'ils sont désormais principalement responsables de leur propre sécurité. Cette approche représente une continuation nette de la doctrine « America First » de l'administration Trump.

Un rôle limité en Corée et en Europe

La stratégie esquisse un rôle « plus limité » pour les États-Unis dans la dissuasion de la Corée du Nord, affirmant que la Corée du Sud est désormais capable et prête à gérer la menace avec un soutien américain réduit. « Il y a une plus grande chance de paix durable dans la péninsule coréenne avec une présence américaine moins substantielle, » indique le document. Actuellement, environ 28 500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud, bien que la stratégie ne précise pas si ce nombre sera réduit.

Pour l'Europe, le message est similaire : « En Europe et dans d'autres régions, les alliés prendront la tête face aux menaces qui sont moins graves pour nous mais plus graves pour eux, avec un soutien crucial mais plus limité des États-Unis. » Cela concerne principalement la menace russe, les pays européens étant désormais censés assumer en premier lieu la responsabilité de leur propre défense.

Focus sur l'hémisphère occidental

La stratégie souligne que la défense de la patrie est la priorité absolue, avec un recentrage sur l'hémisphère occidental. Les domaines clés mentionnés incluent le maintien de l'accès au canal de Panama et au Groenland, ainsi que la construction du système de défense antimissile « Golden Dome ». « Ce n'est pas une stratégie d'isolation, » insiste le Pentagone, « mais il y a une plus grande attention portée aux intérêts américains sur tous les fronts. »

Le document mentionne de manière frappante le président Trump 47 fois et représente une rupture avec la stratégie de l'administration Biden de 2022, qui considérait la Chine comme le principal défi des États-Unis. Bien que la Chine soit décrite comme « la nation la plus puissante du monde après les États-Unis », la stratégie affirme que les États-Unis ne cherchent pas de confrontation directe mais visent à empêcher la domination chinoise dans la région indo-pacifique.

Exigences de dépenses de l'OTAN

Le Pentagone déclare qu'il surveillera de près le respect des engagements pris l'année dernière lors du sommet de l'OTAN à La Haye, où les États membres ont convenu d'augmenter leurs dépenses de défense à 5 % de leur produit intérieur brut. Cela représente une augmentation significative par rapport à l'objectif précédent de 2 %, que de nombreux pays européens avaient du mal à atteindre.

Les dirigeants européens ont exprimé leur inquiétude face à ce changement. Un diplomate européen anonyme a ainsi déclaré : « Cela représente un changement fondamental dans les relations transatlantiques qui pourrait avoir des conséquences durables pour l'architecture de sécurité européenne. »

Cette stratégie fait suite à la stratégie de sécurité de la Maison Blanche publiée début décembre, décrite par des responsables européens comme une « attaque frontale contre l'Europe », pleine de paroles dures sur l'OTAN et l'avenir de l'Europe.

Résistance du Congrès

Le Congrès travaille déjà sur une législation visant à limiter la capacité du Pentagone à réduire les niveaux de troupes en Europe et en Corée du Sud via la Loi d'Autorisation de la Défense Nationale 2026. La législation empêcherait toute réduction des troupes en Europe en dessous de 76 000 sans une certification du Congrès que de telles mesures ne nuiraient pas aux intérêts de sécurité américains ou de l'OTAN.

Pour la Corée du Sud, le projet de loi établit un minimum de 28 500 soldats et exige que le Pentagone assure au Congrès que toute réduction n'affaiblirait pas la dissuasion contre la Corée du Nord. Ces restrictions découlent de préoccupations concernant les plans potentiels du Pentagone de réduire les troupes dans les deux régions.

La Stratégie de Défense Nationale est produite tous les quatre ans et sert de principal guide stratégique pour le département de la Défense, traduisant la Stratégie de Sécurité Nationale en directives militaires larges pour la planification, le déploiement des forces et la modernisation.

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