Qu'est-ce que le ratio de pérennité ? Une nouvelle métrique pour l'impact sociétal
Une étude menée par l'Université Erasmus de Rotterdam, l'Université Nyenrode et le cabinet de conseil stratégique ftrprf révèle que les plus grandes entreprises cotées aux Pays-Bas et en Allemagne génèrent une valeur financière significative mais imposent d'énormes coûts sociaux et environnementaux. La recherche introduit le 'ratio de pérennité', une métrique qui compare les contributions sociétales positives d'une entreprise à ses impacts négatifs, mesurés par rapport à sa capitalisation boursière. Pour les 23 plus grandes entreprises de l'AEX, le solde négatif social et écologique représente environ 80 % de leur valeur financière, ce qui signifie que collectivement, ces entreprises coûtent plus à la société qu'elles ne rapportent en rendements financiers.
Le chercheur principal, le professeur Dirk Schoenmaker de l'Université Erasmus, explique : 'Les entreprises ont des effets positifs sur l'emploi et créent d'excellents produits. Mais elles ont aussi des effets négatifs sur la santé et émettent du CO2.' Cet impact double est désormais quantifié pour permettre aux investisseurs de voir au-delà des mesures financières traditionnelles.
Comment fonctionne le ratio de pérennité
Le ratio de pérennité est calculé en divisant l'impact sociétal positif ou négatif d'une entreprise (en euros) par sa valeur boursière. Un ratio supérieur à 1,0 signifie que l'entreprise crée plus de valeur sociétale que sa capitalisation boursière ne le suggère ; un ratio négatif indique un préjudice sociétal net. L'étude a révélé que les deux tiers des entreprises de l'AEX apportent une contribution sociétale positive, mais le solde global est tiré vers le bas par quelques gros émetteurs et industries nocives pour la santé.
Résultats clés : qui est vert et qui est rouge
Philips est le grand gagnant avec un ratio de pérennité de 4,86, soit près de cinq fois sa valeur financière, grâce à ses technologies médicales qui sauvent des vies. Heineken, malgré sa popularité en bourse, est dans le rouge en raison des effets négatifs de l'alcool sur la société. Shell et ArcelorMittal figurent parmi les plus mauvais élèves : Shell, avec une capitalisation d'environ 200 milliards d'euros, a un ratio de -7, impliquant un impact sociétal négatif d'environ 1 400 milliards d'euros.
Répartition par secteur : les fabricants aussi peuvent bien performer
Une découverte inattendue est que les entreprises manufacturières peuvent également obtenir un score positif. Philips prouve que les entreprises industrielles peuvent avoir un impact net positif si leurs produits apportent des avantages sociétaux significatifs. Cependant, l'étude souligne aussi des défis : ASML, acteur clé des semi-conducteurs, fait face à des problèmes de pollution de l'eau liés aux processus de nettoyage des puces.
La recherche fournit une comparaison des métriques d'investissement ESG qui va au-delà des scores ESG traditionnels. Contrairement à de nombreuses notations ESG qui se concentrent sur les politiques et les divulgations, le ratio de pérennité quantifie les impacts réels en euros, facilitant la comparaison entre secteurs.
Implications pour les investisseurs et les décideurs politiques
L'étude vise à donner aux investisseurs un aperçu de la performance sociétale des entreprises. Le professeur Schoenmaker espère que le classement stimulera l'action : 'Avec ce classement, vous pouvez facilement voir qui sont les retardataires et les leaders, par exemple dans l'industrie automobile. Nous espérons stimuler les retardataires et aider les leaders à faire encore mieux.'
Pour les décideurs politiques, les résultats suggèrent que les prix actuels du marché ne reflètent pas le coût réel des affaires. Les externalités négatives de l'alcool, des combustibles fossiles et de l'industrie lourde sont effectivement subventionnées par la société. La recherche pourrait alimenter les débats sur la tarification du carbone, les taxes sur l'alcool et la responsabilité des entreprises.
Le coût social de la tarification du carbone est un facteur clé dans le score négatif de Shell, tandis que les résultats d'Heineken soulèvent des questions sur l'impact de la publicité pour l'alcool sur la santé.
FAQ : Comprendre le ratio de pérennité
Qu'est-ce que le ratio de pérennité ?
C'est une métrique développée par l'Université Erasmus, Nyenrode et ftrprf qui mesure l'impact sociétal net (positif moins négatif) d'une entreprise divisé par sa capitalisation boursière. Un ratio positif signifie que l'entreprise crée plus de valeur sociétale que sa valeur marchande, un ratio négatif indique un préjudice net.
Pourquoi Heineken a-t-il un score négatif ?
En raison des effets négatifs importants de la consommation d'alcool sur la santé et la société, notamment les coûts de santé, la perte de productivité et les dommages liés à la dépendance. Ces coûts dépassent les avantages économiques générés par l'entreprise.
Comment Philips peut-il avoir un ratio élevé malgré son statut de fabricant ?
Philips produit des technologies médicales qui sauvent des vies et améliorent la santé. L'étude quantifie ces avantages comme une contribution sociétale positive qui dépasse les coûts environnementaux de la fabrication et du cycle de vie des produits.
Quel est l'impact négatif de Shell ?
Principalement les émissions de CO2 de la production de combustibles fossiles. Avec un ratio de -7 et une capitalisation de 200 milliards d'euros, son impact sociétal négatif net est estimé à 1 400 milliards d'euros.
Comment les investisseurs peuvent-ils utiliser ces informations ?
Ils peuvent identifier les entreprises alignées sur le bien-être sociétal à long terme, réduisant potentiellement les risques liés aux futures réglementations, taxes carbone ou boycottages. Cette métrique complète l'analyse financière traditionnelle.
Sources
Cet article est basé sur des recherches menées par l'Université Erasmus de Rotterdam, l'Université Nyenrode et le cabinet de conseil stratégique ftrprf, telles que rapportées par BNR Nieuwsradio. L'étude a analysé les 23 plus grandes entreprises de l'AEX et des entreprises allemandes majeures. Le professeur Dirk Schoenmaker, professeur de banque et finance à l'Université Erasmus, a fourni des commentaires d'experts.
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