Telenor inculpé : crimes contre l'humanité au Myanmar

La police norvégienne inculpe Telenor de complicité de crimes contre l'humanité au Myanmar : les données de 1 253 clients auraient été transmises à la junte.

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La police norvégienne perquisitionne le siège de Telenor

Le géant norvégien des télécoms Telenor a été inculpé de complicité de crimes contre l'humanité au Myanmar, ont confirmé les autorités le 15 septembre 2026. Ces poursuites font suite à une perquisition conjointe de Kripos, le service national d'enquête criminelle, et du PST, le renseignement intérieur, au siège de Fornebu, à Oslo.

L'affaire porte sur la période suivant le coup d'État militaire au Myanmar en 2021 du 1er février 2021 et la vente de Telenor Myanmar Ltd (TML) le 25 mars 2022. TML servait alors plus de 18 millions de clients. La police affirme que des données clients ont été transmises à plusieurs reprises à la junte, responsable de crimes à grande échelle.

Quelles sont les deux inculpations ?

Kripos reproche à Telenor une complicité de crimes contre l'humanité entre le coup d'État de 2021 et la vente de TML. Une seconde inculpation, du PST, porte sur des violations présumées de la loi norvégienne sur les sanctions : TML aurait vendu du matériel de surveillance interdit sans autorisation du ministère des Affaires étrangères du Myanmar.

Les deux enquêtes se recoupant largement, la perquisition conjointe a eu lieu le 15 septembre 2026. Un porte-parole de Telenor a déclaré à Reuters que l'entreprise coopérait pleinement et qu'aucune personne physique n'était inculpée.

Des données clients transmises à l'armée

Les allégations ne sont pas nouvelles. Début 2026, l'ONG suédoise Justice and Accountability Initiative a déposé une action collective civile contre Telenor en Norvège. Elle affirme que l'opérateur a collecté noms, adresses, numéros de passeport, comptes Facebook, données bancaires, localisation et historiques d'appels de clients opposés au régime, avant de les transmettre à l'armée. Au moins 1 253 numéros seraient concernés. Selon l'organisation, ces transmissions auraient conduit à l'exécution du rappeur et député Phoe Zeya Thaw, arrêté en novembre 2021 et exécuté en juillet 2022.

La défense de Telenor : une situation impossible

Telenor affirme avoir été pris au piège après le coup d'État : ses employés risquaient l'emprisonnement, la torture ou la peine de mort en cas de refus. Nous avons conclu que nous n'avions pas vraiment le choix, indique l'entreprise, qui souligne que tous les opérateurs mobiles du pays ont reçu des demandes similaires.

Vers une responsabilité élargie du secteur

C'est l'une des premières fois qu'un grand opérateur européen fait face à des accusations pénales liées à une surveillance autoritaire. L'État norvégien détient 54 % de Telenor, ce qui accentue la pression politique. En décembre 2025, le Point de contact national norvégien avait déjà conclu à un manque de devoir de vigilance en matière de droits humains, renforçant les appels à l'enquête pénale.

Questions fréquentes

Que reproche-t-on à Telenor ?

D'avoir partagé avec l'armée, après le coup d'État de 2021, des données clients (noms, adresses, localisations, journaux d'appels), d'où les poursuites pour complicité de crimes contre l'humanité et violation de la loi sur les sanctions.

Quand Telenor a-t-il vendu ses activités birmanes ?

Telenor Myanmar Ltd a été cédée au groupe libanais M1 Group, transaction finalisée le 25 mars 2022. La filiale s'appelle depuis ATOM.

Combien de clients sont concernés ?

Au moins 1 253 numéros selon l'action collective ; TML servait plus de 18 millions de clients avant la vente.

Y a-t-il eu des exécutions ?

Oui. Le rappeur et député Phoe Zeya Thaw a été arrêté en novembre 2021 et exécuté en juillet 2022.

Et ensuite ?

Kripos et le PST poursuivent leur enquête conjointe. Telenor dit coopérer ; aucune personne physique n'a été inculpée.

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