BIS : le financement circulaire de l'IA, risque systémique

Le rapport BRI 2026 classe le financement circulaire de l'IA comme risque systémique de 1 000 G$. Les capex IA ont pesé 74 % de la croissance du PIB US au T1.

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La Banque des règlements internationaux (BRI) a émis un avertissement urgent sur une nouvelle forme dangereuse de financement circulaire de l'IA : un réseau auto-renforcé de participations, de contrats fournisseurs et de dettes qui, selon la banque des banques centrales, pourrait transformer l'essor de l'intelligence artificielle en un risque systémique de 1 000 milliards de dollars. Publié les 28 et 29 juin 2026, le Rapport économique annuel 2026 de la BRI classe ce risque aux côtés du conflit iranien et de la dette souveraine record parmi les principales menaces pour la stabilité financière mondiale. Les dépenses d'investissement en IA ont représenté environ 74 % de la croissance du PIB américain au premier trimestre 2026, et les cinq plus grands hyperscalers — Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle — devraient dépasser 1 000 milliards de dollars de dépenses.

Qu'est-ce que le financement circulaire de l'IA ?

Le financement circulaire apparaît lorsque les hyperscalers et les fabricants de puces prennent des participations dans des laboratoires d'IA qui s'engagent à acheter de la puissance de calcul et des puces auprès de ces mêmes investisseurs. L'argent circule en boucle fermée : l'investisseur apporte le capital, le laboratoire enregistre des revenus en achetant à l'infrastructure de l'investisseur, et ce dernier déclare à la fois la plus-value et les revenus fournisseurs. Selon le Rapport économique annuel 2026 de la BRI, ces montages imbriqués comportent des conditions mal divulguées et le risque qu'un même actif sous-jacent soit nanti plusieurs fois.

Les mécanismes clés : participations des fournisseurs cloud et des fabricants de puces, contrats de calcul « take-or-pay » renvoyant les revenus aux investisseurs, capex financé par la dette et emprunts hors bilan via le crédit privé.

Un écho à la réhypothécation de 2008

La BRI compare explicitement cette structure aux risques de réhypothécation de 2008, lorsque la même garantie servait à adosser plusieurs transactions, amplifiant un levier caché. Les prêts de crédit privé aux entreprises liées à l'IA sont passés d'environ 3 milliards de dollars en 2010 à plus de 40 milliards en 2025, et les émissions obligataires des hyperscalers ont dépassé 100 milliards en 2025. Si les rendements de l'IA déçoivent, un retrait soudain du financement pourrait provoquer des ventes forcées en cascade.

Les chiffres derrière l'avertissement

Au premier trimestre 2026, les dépenses liées à l'IA ont représenté environ 74 % de la croissance du PIB américain. Les cinq principaux hyperscalers ont engagé plus de 1 000 milliards de dollars en 2025-2026, et des milliers de milliards d'actifs d'IA commenceront à s'amortir entre 2026 et 2028, comprimant les marges. D'autres estimations des capex IA des hyperscalers annoncent des déploiements encore plus vastes.

  • Amazon : environ 200 milliards de dollars prévus en 2026, contre 131 milliards en 2025.
  • Alphabet : 180-190 milliards ; Microsoft : environ 190 milliards.
  • Meta : 125-145 milliards ; Oracle inclus dans les estimations globales.

De l'éclatement technologique à la crise de la dette souveraine

Le danger ne s'arrête pas à la technologie. Un nouveau lien entre stabilité souveraine et financière est apparu, car des fonds spéculatifs très endettés dominent désormais les marchés obligataires publics. Un choc de crédit lié à l'IA pourrait déclencher des appels de marge et des ventes massives d'obligations souveraines, élargissant les primes de terme et renchérissant le financement public. Une correction du secteur technologique pourrait ainsi se muer en crise de la dette souveraine.

Ce que dit la BRI

Le directeur général Pablo Hernández de Cos est direct : les décideurs doivent agir maintenant. Le rapport appelle à renforcer les cadres prudentiels, exiger plus de transparence sur le financement circulaire et reconstituer les marges de manœuvre budgétaires. Attendre ne ferait qu'accroître le coût de l'ajustement.

FAQ : financement circulaire de l'IA et risque systémique

Qu'est-ce que le financement circulaire de l'IA ?

Une boucle fermée où hyperscalers et fabricants de puces investissent dans des laboratoires d'IA qui achètent auprès d'eux, gonflant revenus et valorisations tout en masquant la concentration et le levier.

Pourquoi la comparaison avec 2008 ?

Parce que les mêmes actifs liés à l'IA peuvent être nantis plusieurs fois, comme la réhypothécation qui a amplifié les pertes de 2008.

Combien les hyperscalers dépensent-ils ?

Plus de 1 000 milliards de dollars d'investissements en IA sur 2025 et 2026.

Un krach de l'IA peut-il provoquer une crise de la dette souveraine ?

Oui : les fonds à effet de levier dominent le marché obligataire, donc des appels de marge pourraient forcer des ventes et relever les coûts d'emprunt publics.

Conclusion

L'avertissement de la BRI n'annonce pas un effondrement imminent, mais souligne que les marchés n'intègrent pas pleinement ce risque interconnecté. Investisseurs et décideurs doivent distinguer les gains réels de productivité de l'IA de la circularité alimentée par le levier.

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