Qu'est-ce que la surtaxe bancaire britannique et pourquoi est-elle ciblée ?
Le chancelier John Healey s'apprête à augmenter les impôts des banques britanniques lors de son budget du 28 octobre, afin de compenser les dégâts causés aux finances publiques par la guerre au Moyen-Orient et la hausse des coûts d'emprunt. Des dirigeants bancaires ont confié à la BBC qu'ils s'attendent à être ciblés, tandis que The Guardian rapporte que le plan vise à combler un déficit budgétaire. L'option privilégiée est d'annuler la baisse de 2023 de Jeremy Hunt, en rétablissant la surtaxe de 3 % à 8 % sur les bénéfices supérieurs à 100 millions de livres. Cette décision intervient après des mois de lobbying et s'inscrit dans les efforts pour réparer les finances publiques britanniques.
La surtaxe bancaire est un impôt sur les sociétés supplémentaire payé par les prêteurs britanniques. Elle avait été réduite de 8 % à 3 % en 2023 pour préserver la compétitivité de Londres après la hausse de l'impôt sur les sociétés de 19 % à 25 %. Un retour à 8 % rapporterait environ 2 à 2,25 milliards de livres par an, selon les estimations du Trésor citées par le TUC.
Les chiffres de la hausse d'impôt
- Surtaxe actuelle : 3 % sur les bénéfices supérieurs à 100 M£
- Surtaxe proposée : 8 %, soit 2 à 2,25 Mrd£ par an
- Taux d'imposition total des banques britanniques : plus de 46 %, contre 38,9 % à Francfort et 27 % à New York
- Les quatre grandes banques (HSBC, NatWest, Barclays, Lloyds) : 200 Mrd£ de bénéfices avant impôts en cinq ans
- KBW estime que la hausse réduirait les résultats des prêteurs d'environ 6 %
Les analystes de Citi estiment que le budget pourrait constituer un événement de clarification pour les actions bancaires britanniques, mettant fin à des mois d'incertitude.
Pourquoi la guerre au Moyen-Orient pèse-t-elle sur le budget ?
L'impact économique du conflit au Moyen-Orient a fait grimper les prix de l'énergie et les coûts d'emprunt public. Le Trésor est sous pression, et le FMI a salué les progrès britanniques tout en déconseillant de s'appuyer sur une taxe bancaire. Helge Berger, directeur adjoint du département européen du FMI, plaide pour moderniser la taxe foncière et élargir la TVA. Le budget inclura aussi le soutien énergétique et le financement de la défense.
Réactions du secteur et de la classe politique
Les groupes bancaires font pression. UK Finance et TheCityUK avertissent que des hausses d'impôts pourraient délocaliser emplois et investissements. Amanda Blanc, PDG d'Aviva : Nous ne devons pas décourager l'investissement au Royaume-Uni. Les banques spécialisées réclament un seuil relevé à 500 M£.
Le TUC estime que les banques doivent « payer leur juste part ». L'IPPR propose une taxe exceptionnelle temporaire. Healey rappelle que les banques sont essentielles à la croissance : Les banques sont au cœur de l'économie britannique et leur contribution globale compte.
Impact sur le marché
Les actions des prêteurs britanniques ont chuté le 16 octobre : Lloyds -1,8 %, NatWest -1,51 %, tandis que HSBC et Standard Chartered, orientés à l'international, ont progressé. La décision façonnera les perspectives de politique budgétaire britannique pour le reste de la législature.
FAQ
Qu'est-ce que la surtaxe bancaire britannique ?
Une surtaxe de 3 % sur les bénéfices bancaires supérieurs à 100 M£, créée après la réforme de 2015. Elle reviendrait à 8 %.
Combien la hausse rapporterait-elle ?
Environ 2 à 2,25 milliards de livres par an, selon le TUC et le Trésor.
Pourquoi le Royaume-Uni augmente-t-il les impôts bancaires ?
Pour compenser les dégâts de la guerre au Moyen-Orient et la hausse des coûts d'emprunt, après des bénéfices records.
Quelles banques sont concernées ?
Les prêteurs axés sur le Royaume-Uni : Lloyds, NatWest, Barclays et les activités britanniques de HSBC.
Quand aura lieu le budget ?
Le 28 octobre 2026, le premier de John Healey depuis sa nomination en juillet 2026.
Conclusion
Le budget du 28 octobre devrait annuler une baisse d'impôt clé et lever environ 2 milliards de livres par an pour combler un écart budgétaire. Les banques dénoncent un risque de compétitivité, mais le Trésor semble déterminé à agir.
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