Un juge fédéral a ordonné jeudi au président Donald Trump de rétablir immédiatement l'accès à la Maison-Blanche pour les journalistes de CNN, MS Now et Politico, jugeant que l'interdiction décrétée la semaine précédente violait probablement le droit constitutionnel de ces médias à une procédure régulière. L'ordonnance de 14 jours signée par le juge de district Timothy Kelly oblige l'administration à « rétablir immédiatement » les accréditations saisies par les services secrets le 18 septembre 2026.
Qu'est-ce qui a mené à l'interdiction ?
Les trois rédactions ont porté plainte le 21 septembre 2026 après que leurs journalistes ont été bloqués et leurs badges confisqués. La plainte vise Trump, la cheffe de cabinet Susie Wiles, le directeur de la communication Steven Cheung et le directeur des services secrets Sean Curran, pour violation du Premier et du Cinquième Amendement. L'affaire rappelle les conflits sur l'accès de la presse à la Maison-Blanche sous Trump.
Trump a répliqué sur Truth Social en affirmant viser les « FAKE NEWS ». L'administration invoquait des motifs de sécurité, mais le juge Kelly n'a trouvé aucune preuve à l'appui. « Le dossier ne montre aucune motivation de sécurité nationale antérieure à la plainte », a-t-il écrit.
Pourquoi le juge a rejeté la défense de l'administration
L'argument de sécurité nationale écarté
Le juge Kelly, nommé par Trump, avait déjà rétabli en 2018 le badge du reporter de CNN Jim Acosta. Il a qualifié l'argument sécuritaire de vague : au moment d'annoncer l'interdiction, Trump a surtout évoqué le manque de véracité et les reportages négatifs des médias concernés. Le juge a jugé ces articles « ordinaires » et souligné que rien au dossier ne soutenait la justification avancée.
Procédure régulière et précédent Sherrill
Kelly s'est appuyé sur l'arrêt Sherrill v. Knight (1977), qui interdit le refus arbitraire des accréditations fondé sur le contenu des reportages. Selon lui, les journalistes ont droit à une procédure régulière avant tout retrait, et les rédactions n'ont eu aucune possibilité de recours. Cette décision s'inscrit dans la jurisprudence des affaires de liberté de presse liées au Premier Amendement.
Ce que la décision signifie pour la liberté de la presse
C'est un revers majeur pour les efforts de l'administration visant à contrôler l'accès de la presse. En signe de solidarité, ABC, CBS, CNN, Fox et NBC ont publié une déclaration commune rare et suspendu leur couverture mutualisée des événements de Trump. Même des médias favorables au président, comme NewsMax, ont eu du mal à suivre l'actualité sans ces images partagées. La décision pourrait peser sur la solidarité du pool de presse de la Maison-Blanche avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.
L'avocat Ted Boutrous a salué « une décision forte qui consacre la liberté de la presse ». Le ministère de la Justice entend faire appel, même si les ordonnances de protection temporaires sont généralement non susceptibles d'appel. Quarante-neuf organisations ont déposé un mémoire de soutien.
Questions fréquentes
Quels médias ont été bannis ?
CNN, MS Now et Politico, dont les accréditations ont été révoquées le 18 septembre 2026.
Pourquoi Trump les a-t-il exclus ?
Il affirmait viser les « FAKE NEWS », invoquant leur manque de véracité et leurs reportages négatifs.
Qu'a ordonné le juge ?
Une ordonnance de protection temporaire de 14 jours exigeant le rétablissement immédiat des badges de presse.
L'administration peut-elle faire appel ?
Le ministère de la Justice le prévoit, mais ces ordonnances sont rarement susceptibles d'appel. Une procédure accélérée sur une injonction préliminaire suivra.
Comment les autres médias ont-ils réagi ?
Les grands réseaux ont suspendu la couverture mutualisée et 49 organisations ont soutenu les plaignants.
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