L'Afrique du Sud en ébullition : Une chasse aux migrants à l'échelle nationale
L'Afrique du Sud a atteint un point d'ébullition alors que de grands groupes de manifestants mènent une chasse aux migrants coordonnée, ciblant les ressortissants étrangers dans les grandes villes. Les violences, alimentées par le mouvement anti-migration 'March and March', ont provoqué des fermetures de commerces et des milliers de départs. Le président Cyril Ramaphosa a appelé au calme, tandis que la police et l'armée sont déployées.
Contexte : La montée du sentiment anti-migrants
Le mouvement anti-migrants est alimenté par un chômage élevé (32,7% au T1 2026) et une inégalité économique profonde. 'March and March', dirigé par Sandile Dube, a fixé un ultimatum au 30 juin pour le départ des étrangers sans papiers, accusant les migrants de voler des emplois. Semblable aux manifestations anti-immigrés en Europe, le mouvement gagne du terrain. Des groupes vigilants ont été vus en train d'interroger et de battre des migrants à Johannesburg et Durban, et au moins cinq Mozambicains auraient été tués.
Violence et peur dans tout le pays
Les migrants fuient en masse
Des milliers de migrants du Malawi, du Zimbabwe et d'autres pays africains font la queue dans des camps improvisés pour prendre des bus de rapatriement. Ebrahim Moosa (37 ans) a déclaré à Reuters : 'Nous avons peur, car on ne sait jamais ce que les gens préparent.' Plus de 2 000 Malawites se sont inscrits pour un rapatriement volontaire, et le Ghana a émis une alerte aux voyages.
Morts et destructions
Le gouvernement mozambicain a confirmé la mort de cinq citoyens dans des attaques xénophobes. Des familles ont fui dans les montagnes près de Kleinmond. À Johannesburg, des groupes armés de bâtons ont défilé. Le gouvernement craint une répétition des émeutes de 2008 qui avaient fait 62 morts.
Ce que disent vraiment les chiffres
Selon Statistics South Africa, les migrants représentent seulement 4,1% de la population (3,1 millions de personnes), un taux faible comparé au Royaume-Uni (17%) ou aux Pays-Bas (16,8%). Sur la criminalité, en 2017, seuls 1 380 étrangers étaient détenus pour entrée illégale sur 11 842 prisonniers étrangers. Le professeur Loren B. Landau de l'Université d'Oxford a déclaré que 'la plupart des crimes de ce groupe sont liés à des violations des lois sur l'immigration.' Un rapport de la Banque mondiale de 2018 a montré que chaque migrant cherchant un emploi crée environ deux emplois pour les Sud-Africains via ses activités économiques.
Inégalité économique : la cause profonde
L'Afrique du Sud reste le pays le plus inégalitaire au monde (coefficient de Gini >0,6). Le chômage des jeunes (60,9% pour les 15-24 ans) est paralysant. Les experts en économie des migrations et marchés du travail suggèrent que les migrants comblent souvent des lacunes plutôt que de déplacer les locaux. Les effets des envois de fonds sur les économies africaines jouent aussi un rôle.
Réponse du gouvernement et inquiétude internationale
Le président Ramaphosa a condamné la violence tout en reconnaissant la nécessité de lutter contre l'immigration illégale. Human Rights Watch a appelé à protéger les migrants. Plusieurs pays, dont le Malawi et le Ghana, rapatrient leurs citoyens. L'Union africaine a exprimé sa profonde préoccupation.
FAQ : Crise anti-migrants en Afrique du Sud
Qu'est-ce que le mouvement 'March and March' ?
C'est un groupe anti-migration dirigé par Sandile Dube qui a organisé des manifestations nationales en juin 2026, fixant un ultimatum de départ pour les étrangers sans papiers.
Combien de migrants y a-t-il en Afrique du Sud ?
Selon Stats SA, les migrants représentent environ 4,1% de la population (3,1 millions), un taux faible. Les militants estiment le nombre réel plus élevé.
Qu'est-ce qui a déclenché la violence actuelle ?
Le chômage élevé (32,7%), les inégalités et la frustration ont été exploités par les groupes anti-migrants. L'ultimatum du 30 juin a provoqué la peur et les attaques.
Comment le gouvernement réagit-il ?
Ramaphosa a déployé police et armée, condamné la violence et appelé au dialogue. Plusieurs pays africains rapatrient leurs citoyens.
Que faire pour résoudre la crise ?
Les experts appellent à des réformes économiques, à la création d'emplois et à une politique d'immigration humaine fondée sur des données.
Sources
Les informations de cet article proviennent de Reuters, The Guardian, Associated Press, Statistics South Africa, la Banque mondiale, et des déclarations du gouvernement sud-africain et de Human Rights Watch.
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