Plus de 120 baigneurs ont été piqués en une seule journée à Saint-Sébastien, en Espagne, après une arrivée massive de physalies — un hydrozoaire marin venimeux souvent confondu avec une méduse — qui a forcé la fermeture des trois principales plages de la ville le 4 août 2026. Les autorités ont hissé les drapeaux rouges à La Concha, Ondarreta et Zurriola tandis que les sauveteurs traitaient des dizaines de victimes, certaines nécessitant une hospitalisation. Alors que les mers chaudes et les vents changeants poussent ces créatures plus près du rivage, les experts préviennent que le phénomène pourrait dégénérer en un fléau côtier récurrent.
Qu'est-ce que la physalie ?
Malgré son apparence de méduse, la physalie (Physalia physalis) est un siphonophore colonial — une colonie de zoïdes spécialisés. Son flotteur rempli de gaz, le pneumatophore, agit comme une voile, tandis que ses tentacules, pouvant atteindre 30 mètres, traînent armés de cnidocytes venimeux. « C'est un bel organisme, dit l'expert néerlandais Piet Sondervan. Mais cette beauté cache un danger : les gens voient le ballon coloré et nagent plus près, inconscients des tentacules presque invisibles.» La biologie marine des siphonophores fascine les chercheurs, mais leurs invasions de plages restent un défi pour la gestion côtière.
Que s'est-il passé à Saint-Sébastien ?
Le 4 août, environ 120 baigneurs ont été piqués sur les trois plages principales de Saint-Sébastien, majoritairement sans gravité. Un nageur a été hospitalisé près de Getaria et une femme traitée à Zarautz. D'autres plages voisines ont aussi rapporté des piqûres. La ville a fermé les plages en milieu de journée, réévaluant la situation toutes les deux heures. Le protocole exige la fermeture si plus de dix grosses physalies sont observées à Ondarreta, ou quinze à La Concha et Zurriola. Cet événement rappelle les fermetures des plages françaises en 2026 sur la côte basque, où des invasions similaires ont eu lieu.
Pourquoi sont-elles apparues maintenant ?
Les autorités pointent des vents de nord-est et une température de la mer de 24,8°C. « Assez chaud pour qu'elles se reproduisent, avec des vents les poussant vers la côte, » note Sondervan. La surpêche, en réduisant les prédateurs, aggrave le problème. Le changement climatique est également pointé : une étude de 2024 dans Marine Pollution Bulletin montre que le vent et la température de l'eau sont les principaux facteurs des échouages massifs.
Risques pour la santé et premiers secours
Une piqûre de physalie cause une douleur intense et des marques rouges caractéristiques. Des symptômes graves comme des crampes ou des difficultés respiratoires peuvent survenir. « La douleur peut entraîner la noyade », prévient Sondervan. Même échoués et morts, les spécimens restent dangereux car leurs tentacules continuent d'injecter du venin.
Comment traiter une piqûre ?
- Rincez à l'eau de mer (ou vinaigre), jamais à l'eau douce.
- Retirez les tentacules délicatement avec une pince.
- Immergez la zone dans de l'eau chaude (45°C) pendant 20-45 minutes.
- Évitez la glace, l'alcool ou l'urine.
- Consultez un médecin si symptômes graves.
Le « fléau » va-t-il s'étendre ?
Selon Sondervan, les conditions pourraient mener à un véritable fléau. L'espèce remonte déjà vers le nord, avec des observations de méduses rares aux Pays-Bas. Le réchauffement climatique, qui bat des records en 2026, va probablement étendre ces invasions, menaçant tourisme et santé publique.
FAQ
La physalie est-elle une méduse ?
Non. C'est un siphonophore — un organisme colonial composé de zoïdes spécialisés, distinct des méduses.
Une physalie morte peut-elle encore piquer ?
Oui. Même échouée et morte, ses tentacules conservent des nématocystes actifs pendant des jours, voire des semaines.
Quelle est la longueur des tentacules ?
En moyenne 10 mètres, mais elles peuvent atteindre 30 mètres, certains rapports mentionnant 40 mètres.
Où trouve-t-on les physalies ?
Dans les océans tropicaux et subtropicaux, mais le réchauffement des eaux étend leur aire de répartition vers les eaux tempérées, comme le golfe de Gascogne.
La piqûre est-elle mortelle ?
Les décès sont extrêmement rares. Cependant, la douleur peut causer la noyade, et des réactions allergiques sévères nécessitent une hospitalisation.
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