Une déferlante record de poulpes le long de la côte sud de la Grande-Bretagne a stupéfié pêcheurs et scientifiques : le poulpe commun (Octopus vulgaris) se reproduit désormais dans les eaux britanniques pour la première fois en 75 ans. Le marché aux poissons de Brixham, dans le Devon, a vendu un record de 100 tonnes de poulpes en une seule journée cet été, pour environ 500 000 livres sterling, alors que le changement climatique continue de bouleverser la vie marine britannique.
Quelle est la cause de ce raz-de-marée de poulpes ?
Le poulpe commun, habitué aux eaux chaudes de la Méditerranée et incontournable des cuisines espagnole et grecque, a établi une nouvelle population au large du sud-ouest du Royaume-Uni. Avec des températures de la mer en juin et juillet supérieures de quatre à cinq degrés Celsius à la normale, les scientifiques relient directement cette arrivée massive au réchauffement des eaux côtières britanniques.
« Cela ne s’est jamais produit auparavant, » affirme Barry Young, responsable du marché aux poissons de Brixham. « Quand le premier gros poulpe est arrivé, nous nous sommes dit « waouh, regardez-moi ça ! » Mais ensuite des centaines et des centaines ont suivi. On dirait l’Invincible Armada. »
Des captures record et une pêche transformée
Avec environ 2 500 tonnes de poulpes vendues cette année à Brixham pour près de 13 millions de livres, la hausse est une bouée de sauvetage pour certains pêcheurs. En revanche, la perturbation des pêcheries due au climat frappe durement les crabes et les homards : le poulpe mange environ 8 % de son poids corporel par jour et préfère les crustacés, faisant chuter les captures de coquillages de 70 à 100 % par endroits.
Le mareyeur Ian Perkes congèle les poulpes et les expédie vers le sud de l’Europe. « Nous sommes envahis par des entreprises espagnoles qui veulent les acheter, » dit-il. Environ 90 % de la pêche est exportée, car les Britanniques mangent rarement du poulpe chez eux. Perkes juge la pêche nécessaire : « Si nous ne les attrapons pas, ils vont simplement manger tous les homards et les crabes. »
Comment le changement climatique redessine l’écosystème marin
Le biologiste Bryce Stewart, de la Marine Biological Association, indique que des bébés poulpes ont été observés, signe que leur cycle de vie complet se déroule désormais dans les eaux britanniques — jamais vu auparavant. L’arrivée du mollusque attire aussi des prédateurs : phoques, congres, requins et dauphins de Risso se nourrissent déjà de poulpes.
Le poulpe est-il trop intelligent pour être mangé ?
Cette abondance relance un débat éthique. Les poulpes ont huit bras, trois cœurs, pas de colonne vertébrale et une intelligence remarquable. Pourtant, les gestionnaires marins doivent désormais faire face à des choix difficiles concernant les choix de fruits de mer durables et l’équilibre entre prédateurs et proies dans un océan qui se réchauffe.
FAQ
Pourquoi y a-t-il autant de poulpes sur les côtes britanniques ?
Le changement climatique a réchauffé les eaux côtières, avec des températures estivales jusqu’à cinq degrés au-dessus de la normale. Octopus vulgaris a migré vers le nord et se reproduit désormais dans les eaux du Royaume-Uni pour la première fois en 75 ans.
Combien de poulpes ont été capturés à Brixham ?
Environ 2 500 tonnes y ont été vendues cette année, pour près de 13 millions de livres. Le jour record, 100 tonnes de poulpes ont été débarquées en une seule journée, soit environ 500 000 livres.
Quelles conséquences pour les pêcheurs de crabes et de homards ?
Mauvaises : le poulpe consomme environ 8 % de son poids par jour et se nourrit de crustacés, réduisant les captures de coquillages de 70 à 100 % dans certaines zones.
Le poulpe est-il trop intelligent pour être consommé ?
C’est un débat éthique en cours. Les poulpes montrent des capacités remarquables de résolution de problèmes, mais les pêcheurs estiment qu’ils doivent être capturés pour protéger les stocks de crabes et de homards.
Où vont les poulpes après leur capture ?
90 % sont exportés, principalement vers l’Espagne et le sud de l’Europe, où le poulpe est prisé. Les Britanniques en cuisinent rarement à la maison.
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