Crise budgétaire et dilemme moral à Washington
Les États-Unis sont au bord d'un nouveau shutdown gouvernemental cette semaine, alors que de profondes divisions au sein du Parti républicain concernant des récentes fusillades impliquant l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) menacent de faire échouer les négociations budgétaires. La crise politique fait suite aux fusillades mortelles qui ont coûté la vie à deux manifestants à Minneapolis, déclenchant des protestations nationales et une fracture sans précédent au sein du GOP.
Protestations et pression politique
Devant un magasin Target à Washington D.C., des manifestants scandent 'Nous voulons la justice, nous voulons la paix, nous voulons que l'ICE quitte nos rues'. Les protestations, organisées par des groupes comme la Boycott Target DC Coalition, ciblent à la fois l'application fédérale de l'immigration et les entreprises accusées de collaborer avec les opérations de l'ICE. 'Nous n'acceptons plus ce qui se passe à Minneapolis et ailleurs dans le pays,' déclare le leader de la coalition, Dante O'Hara. 'Que vous soyez politiquement actif ou non, il y a un sentiment collectif de 'non, absolument pas'.'
Les incidents de Minneapolis ont conduit à ce que certains appellent la première grève générale aux États-Unis depuis 80 ans, avec des dizaines de milliers de participants malgré des températures bien en dessous de zéro, selon les données de Wikipédia. La grève a été organisée par des syndicats et des groupes communautaires après la fusillade du 7 janvier au cours de laquelle la citoyenne américaine Renée Good a été tuée par l'agent de l'ICE Jonathan Ross.
Divisions républicaines
Au Capitole, l'unité républicaine s'effrite. La sénatrice Lisa Murkowski de l'Alaska a publiquement déclaré que 'le port légal d'une arme à feu ne peut jamais justifier que des agents fédéraux tuent un Américain, surtout lorsque cette personne est manifestement désarmée'. Sa déclaration constitue une rupture significative avec le récit de la Maison Blanche présentant les fusillades comme des actes de légitime défense.
Selon un rapport de Forbes, les critiques au sein du GOP augmentent, plusieurs sénateurs appelant à des enquêtes et exigeant même la démission de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Le contrecoup se concentre sur ce que les législateurs décrivent comme la caractérisation prématurée de la victime Alex Pretti en tant que 'terroriste intérieur' avant que tous les faits ne soient connus.
L'échéance du shutdown approche
La sénatrice Susan Collins du Maine, présidente de la commission budgétaire du Sénat, se trouve dans une position impossible. Elle doit faire adopter six lois de financement par le Congrès alors que les démocrates refusent d'approuver des fonds supplémentaires pour l'ICE sans réformes majeures. 'La situation commence à se retourner contre nous,' a déclaré un responsable de l'administration à Politico, évoquant le changement de vent politique.
Les démocrates exigent des codes de conduite contraignants pour les agents de l'ICE, incluant l'obligation de retirer les masques, de porter des caméras-piétons, d'afficher une identification appropriée et de coopérer avec les forces de l'ordre locales. Le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, qualifie cela d''instant moral' nécessitant une action du Congrès.
Conséquences politiques et opinion publique
Un récent sondage YouGov montre que 19 % des électeurs républicains soutiennent désormais l'abolition de l'ICE, contre seulement 9 % en juin 2025. Cette évolution intervient alors que l'agence est devenue la plus grande agence fédérale d'application de la loi de l'histoire américaine après l'adoption du One Big Beautiful Bill Act en 2025.
La Maison Blanche a pris quelques mesures conciliantes, notamment le retrait du commandant controversé de la police frontalière, Gregory Bovino, de Minneapolis et la mise en congé des deux agents impliqués dans les tirs. Avec une échéance fixée au 30 janvier, les législateurs ont cependant peu de temps pour parvenir à un accord. Le shutdown de l'année dernière avait duré près de six semaines — un record qu'aucun des deux partis ne souhaite répéter.
Alors que le Congrès est à la course contre la montre, la question demeure de savoir si les divisions républicaines sur l'application des lois migratoires conduiront à un shutdown gouvernemental ou forceront une révision fondamentale du rôle de l'ICE dans la société américaine.
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