Un rapport choquant révèle des décennies de terreur dans un couvent parisien emblématique

Une enquête indépendante révèle 40 ans d'abus systématiques au couvent parisien du Sacré-Cœur, où des religieuses ont subi terreur psychologique, maltraitance physique et exploitation financière sous l'autorité de Mère Marie-Agnès.

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Un rapport dévastateur révèle des décennies de terreur dans le couvent emblématique de Paris

Une enquête indépendante dévastatrice a mis au jour des abus systématiques ayant duré quatre décennies au sein du monastère bénédictin du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris, l'un des sites religieux les plus emblématiques de France. Le rapport, commandé par la congrégation elle-même et publié en janvier 2026, révèle que des religieuses ont subi des exploitations physiques, psychologiques et financières sous l'autorité de leur supérieure, Mère Marie-Agnès, qui a régné de 1969 jusqu'à sa mort en 2016.

L'enquête, dirigée par l'ancien général de corps d'armée Hervé Giaume, a inclus 159 entretiens totalisant 310 heures de conversation avec 86 religieuses actuelles et 28 anciennes. Elle dresse le portrait de ce que la commission décrit comme une 'structure perverse-narcissique' et une 'atmosphère de terreur et de méfiance' qui a perduré pendant des générations derrière les murs du monastère qui surplombe Paris depuis la célèbre butte Montmartre.

Un régime de terreur psychologique

Selon le rapport, Mère Marie-Agnès a instauré ce que des témoins ont appelé un 'État policier' au sein du couvent. Les religieuses étaient soumises à une surveillance constante, avec du courrier ouvert, des chambres fouillées et des conversations écoutées. 'Si l'une d'entre vous n'est pas d'accord avec moi, qu'elle saute par la fenêtre,' aurait déclaré la mère supérieure à des sœurs selon un témoignage.

La manipulation psychologique était profonde. 'Marie-Agnès a toujours raison, c'est moi qui ne comprends pas,' a témoigné une religieuse. Le rapport décrit comment la mère supérieure se positionnait comme l'intermédiaire de Dieu, disant aux religieuses : 'Exercer la volonté de Dieu, c'est faire ce que je te dis. Je suis son intermédiaire.'

Abus physiques et négligence médicale

Les abus physiques se concentraient principalement autour du contrôle de la nourriture et du corps. Les religieuses étaient forcées de prendre du poids pour ressembler à Mère Marie-Agnès, soumises à des gavages menant à des vomissements, et régulièrement pesées sans pouvoir connaître leur poids. 'C'était un signe de vocation que de prendre du poids,' leur disait-on.

Les soins médicaux étaient systématiquement refusés. 'Un mal de dent passe avec un chapelet,' a rapporté une témoigne s'étant entendu dire cela. Les sœurs qui résistaient se voyaient administrer des médicaments en guise de punition, souvent sans savoir ce qu'elles prenaient. Les produits d'hygiène de base étaient difficiles à obtenir, et les contacts avec la famille étaient découragés par des affirmations comme 'Si tu as mal au dos, c'est parce que tu vois trop souvent ta famille.'

Exploitation financière et train de vie luxueux

L'enquête a révélé des abus financiers étendus. Mère Marie-Agnès et deux collaboratrices auraient siphonné plus de 857 000 euros des comptes des religieuses, vidé les livrets d'épargne des nouvelles recrues et détourné des héritages. Pendant ce temps, elles jouissaient de repas coûteux, de vacances sur la Côte d'Azur et d'investissements immobiliers.

Le système d'exploitation s'étendait au recrutement, avec une préférence pour les jeunes femmes issues de familles aisées pouvant apporter des contributions financières. Les religieuses étaient envoyées en 'mission' pour trouver de nouvelles recrues et sécuriser des dons, les promesses de soutien à l'Église étant jugées insuffisantes.

Défaillance systémique et voie à suivre

Ce qui est peut-être le plus troublant, c'est la révélation que malgré deux visites apostoliques par les autorités vaticanes en 2004 et 2011-2012, aucune sanction n'a jamais été imposée. Le diocèse de Paris a reconnu avoir 'failli à son devoir de vigilance pendant de nombreuses années.'

La congrégation s'est engagée à mettre en œuvre les 58 recommandations du rapport, notamment la reconnaissance officielle des abus, des réparations financières et des réformes structurelles. Une évaluation de suivi est prévue dans 18 à 24 mois, la congrégation considérant le rapport comme une feuille de route pour la réforme avant son chapitre général en octobre 2026.

Comme l'a noté un chercheur, cela représente 'la première enquête indépendante de ce type sur une congrégation religieuse féminine' en France, mettant au jour des abus de type sectaire qui ont duré des décennies sur l'une des destinations touristiques les plus visitées de Paris, fréquentée par des millions de personnes chaque année qui gravissent les marches de Montmartre sans être conscientes de la souffrance derrière ses murs.

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