Le guide suprême brise le silence sur le nombre de morts des manifestations
Dans une reconnaissance rare, le guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei a admis que 'des milliers' de personnes ont été tuées lors des récentes manifestations nationales, ce qui constitue la première fois que la plus haute autorité du pays discute publiquement du bilan humain troublant. La déclaration est intervenue lors d'un discours télévisé dans lequel Khamenei a imputé la responsabilité des violences, qui secouent l'Iran depuis des semaines, à ce qu'il a appelé des 'émeutiers armés' et à l'ingérence étrangère.
Une reconnaissance sans précédent sous pression croissante
Les organisations de défense des droits de l'homme documentent le bilan humain qui s'alourdit depuis le début des manifestations le 28 décembre 2025, avec des estimations dépassant désormais les 3 000 morts selon des groupes comme Reuters. Les manifestations, qui ont commencé comme des rassemblements contre les difficultés économiques et l'inflation galopante, ont rapidement évolué en mouvements anti-gouvernementaux plus larges réclamant un changement de régime.
'Certains manifestants ont été tués de manière brutale et inhumaine,' a déclaré Khamenei dans son discours, tout en rejetant la faute sur ce qu'il a décrit comme des saboteurs soutenus par des puissances étrangères. Il a spécifiquement accusé l'ancien président américain Donald Trump d'être directement impliqué, affirmant que 'le président américain lui-même fait partie de l'insurrection.'
Dimension internationale et soutien extérieur
Les manifestations ont attiré l'attention internationale, les communautés de la diaspora iranienne organisant des rassemblements de solidarité à travers l'Europe et l'Amérique du Nord. Dans des villes comme Zurich, Londres et La Haye, des manifestants ont été vus arborant des drapeaux iraniens pré-révolutionnaires et exprimant leur soutien à Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier shah d'Iran.
Selon la documentation Wikipédia, il s'agit de la plus grande révolte depuis la Révolution islamique de 1979, s'étendant à 512 localités dans les 31 provinces. La réponse du gouvernement a inclus des coupures d'Internet généralisées, des arrestations massives et l'utilisation de munitions réelles contre les manifestants.
Racines économiques et évolution politique
Les manifestations ont initialement éclaté en raison de griefs économiques, notamment une inflation record, la hausse des prix alimentaires et la dépréciation de la monnaie aggravée par les sanctions internationales. Mais comme le note une analyse de CBC News, le mouvement s'est rapidement transformé en une opposition politique à l'établissement clérical iranien, avec des slogans comme 'mort au dictateur' devenant monnaie courante.
Khamenei, âgé de 86 ans, qui sert de guide suprême depuis 1989 après la mort de l'ayatollah Khomeini, fait face à l'un des défis les plus importants de son règne. Sa reconnaissance de milliers de morts représente un changement stratégique par rapport aux dénis précédents et intervient alors que des rapports indiquent une diminution de l'activité de protestation ces derniers jours, bien que la surveillance reste difficile en raison des restrictions sur Internet.
Implications régionales et mondiales
La situation a des implications plus larges pour la stabilité du Moyen-Orient, l'Agence européenne de la sécurité aérienne conseillant aux compagnies aériennes d'éviter l'espace aérien iranien. Pendant ce temps, Reza Pahlavi se positionne activement comme une figure de transition possible, bien que ses affirmations de soutien au sein de l'appareil de sécurité iranien restent non confirmées selon The National.
Alors que la communauté internationale observe attentivement, la reconnaissance par la plus haute autorité iranienne suggère que le régime reconnaît la gravité de la crise tout en cherchant à contrôler le récit autour de ses causes et de ses conséquences.
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