Le président Donald Trump a signé deux nouveaux décrets le 6 août 2026, visant à restreindre le droit du sol aux États-Unis, quelques semaines après que la Cour suprême a rejeté sa tentative précédente plus large. Ces décrets cherchent à étendre les exceptions à la clause de citoyenneté du 14e amendement et à réprimer le « tourisme de naissance », relançant un débat juridique et politique intense.
Contexte : la décision de la Cour suprême
Cette initiative fait suite à l’arrêt Trump c. Barbara du 30 juin 2026, où la Cour suprême a invalidé le décret 14160, qui refusait la citoyenneté automatique aux enfants nés de sans-papiers ou de détenteurs de visas temporaires. La Cour a réaffirmé l’interprétation classique du 14e amendement, accordant la citoyenneté à toute personne née sur le sol américain et soumise à sa juridiction. Trump a qualifié cette décision de « très regrettable » et promis une approche plus ciblée. Les nouveaux décrets visent les catégories que l’administration estime historiquement exclues de la protection constitutionnelle du droit du sol.
Contenu des nouveaux décrets
Exceptions élargies au 14e amendement
Le premier décret exclut de la citoyenneté automatique les enfants de :
- Membres d’organisations terroristes désignées
- Lobbyistes agissant pour des gouvernements étrangers
- Fonctionnaires étrangers au-delà des diplomates accrédités
- Parents ayant commis une fraude dans leur dossier de visa
Il s’applique aussi aux territoires comme les Samoa américaines, où la citoyenneté de naissance n’est pas automatique. L’administration estime que ces clarifications respectent la décision de la Cour suprême, qui reconnaît des exceptions limitées.
Répression du tourisme de naissance
Le second décret cible le « tourisme de naissance ». Trump a affirmé, sans preuves, que cette pratique concernait « des centaines de milliers » de personnes par an, alors que les données officielles l’estiment entre 20 000 et 26 000 naissances selon le Migration Policy Institute, et seulement 9 600 en 2024. Le décret ordonne aux agences fédérales de renforcer les enquêtes pour fraude de visa contre les entreprises organisant ces voyages. Cependant, les critiques notent que le tourisme de naissance est déjà illégal en vertu de la fraude de visa, limitant l’impact pratique sans nouvelle législation.
Réactions et contestations juridiques
L’ACLU a annoncé qu’elle contesterait ces décrets devant les tribunaux, les jugeant contraires au texte clair du 14e amendement. Les experts juridiques prédisent un combat difficile, la Cour ayant laissé peu de place à une réinterprétation administrative. Les défenseurs des droits des immigrés condamnent cette manœuvre qu’ils jugent inconstitutionnelle, tandis que les partisans y voient une protection de la citoyenneté américaine. Le débat devrait s’intensifier à l’approche des élections de mi-mandat de 2026, avec la réforme de l’immigration au centre des campagnes.
FAQ
Qu’est-ce que le droit du sol ?
C’est le principe selon lequel toute personne née sur le sol américain acquiert automatiquement la citoyenneté, garanti par le 14e amendement et confirmé par l’arrêt United States c. Wong Kim Ark de 1898.
Qu’a décidé la Cour suprême en juin 2026 ?
Dans Trump c. Barbara, la Cour a jugé inconstitutionnel le décret précédent refusant la citoyenneté aux enfants de sans-papiers. Le 14e amendement couvre tous les enfants nés sur le sol américain, avec des exceptions historiques limitées.
Quel sera l’effet des décrets sur le tourisme de naissance ?
Les agences fédérales devront renforcer la répression contre les entreprises facilitant ces voyages et refuser plus strictement les visas aux femmes enceintes suspectes. Mais l’effet pratique reste limité sans nouvelle loi.
Les décrets présidentiels peuvent-ils contourner le 14e amendement ?
Non. Seule une modification constitutionnelle ou une nouvelle décision de la Cour suprême peut changer l’interprétation du 14e amendement. Tout décret contraire serait probablement invalidé.
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