La Cour suprême d'appel (SCA) d'Afrique du Sud a statué que la famille de l'ancien président zambien Edgar Lungu peut enterrer sa dépouille en Afrique du Sud, annulant une ordonnance de rapatriement. Ce jugement historique, rendu le 23 juin 2026, met fin à un an de bataille juridique sur le lieu de repos final du leader décédé le 5 juin 2025 à 68 ans des suites d'un cancer de l'œsophage à Pretoria.
Contexte du différend funéraire
Edgar Lungu, sixième président de la Zambie (2015-2021), a été battu par Hakainde Hichilema. Après son départ, les relations se sont dégradées. Selon sa veuve, Lungu s'est considéré persona non grata en Zambie à partir de septembre 2023. À sa mort, le gouvernement zambien a exigé le rapatriement pour des funérailles d'État, mais la famille a insisté sur la volonté du défunt de ne pas impliquer Hichilema.
Bataille judiciaire
La Haute Cour de Pretoria avait ordonné le rapatriement en 2025, mais la SCA a infirmé cette décision. Dans un jugement majoritaire rédigé par la juge Raylene Keightley, la cour a estimé que les principes constitutionnels sud-africains protégeant la dignité, la vie privée et l'autonomie familiale, ainsi que le droit commun reconnaissant les droits des proches, favorisaient la position de la famille. La Zambie n'a pas prouvé d'accord contraignant, et la cour a souligné que la décision funéraire relève de « la sphère intime de la vie familiale ».
Réaction et prochaines étapes
Le porte-parole familial Makebi Zulu a salué la décision. « La famille annoncera bientôt les plans d'inhumation et exhorte toutes les parties à respecter la décision du tribunal », a-t-il déclaré. Le gouvernement zambien a confirmé qu'il ne fera pas appel. L'affaire met en lumière la tension entre les intérêts de l'État et l'autonomie familiale, ainsi que les profondes divisions politiques entre Lungu et Hichilema, qui ont persisté après la mort. L'élection zambienne de 2021 a été amèrement contestée.
Implications
Les experts juridiques affirment que l'arrêt renforce la primauté des droits familiaux en droit sud-africain, même pour les chefs d'État étrangers. La référence à l'ubuntu souligne le poids constitutionnel accordé à la prise de décision familiale en matière de décès. Les analystes politiques notent que le différend reflète les défis de la transition démocratique en Zambie. La présidence Hichilema se concentre sur la lutte contre la corruption, mais les relations avec le parti de Lungu restent tendues.
Questions fréquentes
Pourquoi Edgar Lungu voulait-il être enterré en Afrique du Sud ?
Selon sa veuve, il ne voulait pas que le président Hichilema ou le gouvernement zambien soit impliqué dans ses funérailles, citant des mauvais traitements après son départ. Il se considérait persona non grata en Zambie depuis septembre 2023.
Quel était l'argument du gouvernement zambien ?
La Zambie estimait qu'en tant qu'ancien président, il méritait des funérailles d'État au Embassy Memorial Park, et affirmait l'existence d'un accord contraignant avec la famille.
Qu'a décidé la Cour suprême d'appel ?
La SCA a annulé l'ordre de rapatriement, jugeant que les droits constitutionnels de la famille l'emportaient sur l'intérêt de l'État. Aucun accord contraignant n'a été prouvé, et le droit sud-africain reconnaît le droit des proches de décider des funérailles.
Le gouvernement zambien peut-il faire appel ?
Non, la Zambie a confirmé qu'elle ne fera pas appel. La décision est définitive.
Quand Edgar Lungu est-il mort et de quoi ?
Il est décédé le 5 juin 2025 à 68 ans à Pretoria d'un cancer de l'œsophage.
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