Rubio sème la controverse avec une remarque sur le statut du Groenland
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a ravivé le débat sur les ambitions de Washington dans l'Arctique, déclarant lors d'une audition au Congrès le 3 juin 2026 que le Groenland fait partie du Danemark « pour l'instant ». Cette remarque, faite devant la commission des affaires étrangères de la Chambre, signale la poursuite de la pression de l'administration Trump pour sécuriser une influence sur cette île stratégique. Rubio a confirmé des discussions avec le Danemark et le Groenland sur l'utilisation du territoire pour la défense collective, notamment antimissile, et a qualifié les pourparlers d'« avancés ».
Contexte : la crise du Groenland et les intérêts stratégiques américains
La crise du Groenland a débuté en janvier 2025 lorsque la deuxième administration Trump a ouvertement cherché à annexer l'île. Les tensions ont culminé début 2026 après que Trump a refusé d'exclure la force militaire et menacé de tarifs douaniers de 25 % sur les produits européens. Face à l'opposition bipartisane au Congrès et aux réactions internationales, Trump a fait marche arrière le 21 janvier 2026, écartant la force et les tarifs. Cependant, la pression américaine pour une présence accrue au Groenland ne s'est pas atténuée. La stratégie américaine dans l'Arctique et les tensions avec l'OTAN restent étroitement liées.
Ce qu'a dit Rubio : extraits clés de l'audition
Interrogé par la représentante Sarah McBride, Rubio a répondu « pour l'instant » à la question de savoir si le Groenland fait partie du Danemark. Il a souligné que l'île est « cruciale pour la défense antimissile » et que de « bonnes nouvelles » pourraient émerger des discussions. Les États-Unis exploitent déjà la base spatiale Pituffik sur l'île, un atout clé pour la surveillance spatiale. La signification géopolitique de la région arctique continue de croître.
Pétrole, minerais et dimension économique
L'envoyé spécial de Trump, le gouverneur Jeff Landry, a affirmé en mai 2026 que le Groenland pourrait exporter deux millions de barils de pétrole par jour en dix mois. Cependant, selon Arctic Today, ces affirmations sont irréalistes : le Groenland n'a actuellement aucune production pétrolière ni infrastructure. Le seul projet actif est le bassin Jameson Land, où deux puits d'exploration sont prévus fin 2026. En dehors du pétrole, le Groenland possède environ 1,5 million de tonnes de terres rares, essentielles pour les technologies de défense et l'énergie verte. La compétition pour la chaîne d'approvisionnement en terres rares est un moteur clé de l'intérêt américain.
Opposition publique et résistance diplomatique
En mai 2026, plus de 500 Groenlandais ont protesté contre l'ouverture d'un nouveau consulat américain à Nuuk, surnommé « Trump Towers ». L'organisateur Aqqalukkuluk Fontain a déclaré : « Dans un monde démocratique, non signifie non. » Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a réaffirmé que l'île n'est pas à vendre et a défendu le droit à l'autodétermination.
Réactions de l'OTAN et des Européens
La remarque de Rubio a tendu les relations transatlantiques déjà éprouvées. Le sommet de l'OTAN à La Haye en juillet 2026 devrait aborder ces tensions. Le Premier ministre danois Mette Frederiksen a fait de la défense de la souveraineté groenlandaise un pilier de sa politique étrangère.
Et maintenant ?
Bien qu'une annexion semble exclue pour l'instant, les États-Unis cherchent à consolider leur présence via des droits de base militaire, un accès privilégié aux minerais et un engagement diplomatique accru. Cependant, toute modification de la souveraineté reste inacceptable pour Nuuk et Copenhague. Comme l'a dit Rubio, l'île est danoise « pour l'instant ».
Questions fréquentes
Qu'a dit Marco Rubio sur le Groenland ?
Lors d'une audition le 3 juin 2026, il a déclaré que le Groenland fait partie du Danemark « pour l'instant ».
Le Groenland est-il à vendre ?
Non. Le Danemark et le Groenland ont répété que l'île n'est pas à vendre et que son avenir sera décidé par ses habitants.
Pourquoi les États-Unis veulent-ils le Groenland ?
Pour sa position stratégique pour la défense antimissile, la sécurité arctique et l'accès aux ressources minérales et pétrolières.
Qu'était la crise du Groenland ?
Une confrontation diplomatique débutée en 2025 lorsque l'administration Trump a cherché à annexer l'île, avec des menaces de force et de tarifs, avant une désescalade en janvier 2026.
Comment les Groenlandais ont-ils réagi ?
Massivement négativement. Des protestations ont eu lieu à Nuuk et Copenhague, avec des slogans comme « Non, c'est non ».
Sources
- USA Today : Rubio dit que le Groenland fait partie du Danemark « pour l'instant »
- Politico Europe : Le Groenland fait partie du Danemark « pour l'instant », dit Rubio
- Wikipédia : Crise du Groenland
- Arctic Today : Les affirmations pétrolières de l'envoyé de Trump démenties
- UPI : Les Groenlandais protestent contre le nouveau consulat américain
- CSIS : Terres rares du Groenland et sécurité arctique
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