La Corée du Nord a officiellement modifié sa Constitution pour déclarer la Corée du Sud comme un État distinct, supprimant toute référence à la réunification et codifiant la doctrine des « deux États hostiles » de Kim Jong-un. La Constitution révisée, adoptée en mars 2026 par l'Assemblée suprême du peuple, introduit pour la première fois une clause territoriale définissant les frontières de la Corée du Nord comme incluant la Chine, la Russie et « la République de Corée au sud ». Ce changement marque la fin de l'objectif d'une péninsule coréenne unifiée sous l'égide de Pyongyang.
Ce que comporte l'amendement constitutionnel
La Constitution révisée supprime toute référence à la réunification pacifique et à l'unité nationale. Elle introduit une clause territoriale définissant les frontières : au nord, la Chine et la Russie ; au sud, la Corée du Sud. Elle évite de spécifier la Ligne de limite nord (NLL) contestée, signalant une volonté d'éviter des frictions immédiates. Les références aux anciens dirigeants sont remplacées par l'accent sur Kim Jong-un. Le changement des relations intercoréennes est désormais inscrit dans la loi.
Expansion des pouvoirs de Kim Jong-un
La révision élargit considérablement les pouvoirs de Kim Jong-un : il devient chef de l'État, commandant des forces nucléaires, avec droit de veto sur les décisions parlementaires et pouvoir de nomination des hauts fonctionnaires. La Constitution décrit la Corée du Nord comme un « État nucléaire responsable » et permet à Kim de déléguer le commandement nucléaire. Ces changements éliminent les contraintes institutionnelles et consolident son contrôle absolu.
Contexte : de la réconciliation à l'hostilité
Cet amendement est le point culminant d'un changement radical amorcé fin 2023. Kim Jong-un a appelé à des relations hostiles, ordonné la démolition de l'Arc de la Réunification en 2024, et démantelé les organismes de coopération intercoréenne. Les deux Corées sont techniquement en guerre depuis l'armistice de 1953. La zone démilitarisée (DMZ) sert de frontière de facto. La politique de défense sud-coréenne 2025 a mis l'accent sur la dissuasion et la coopération avec les États-Unis et le Japon.
Analyse des experts et réaction internationale
« La révision signale que Pyongyang abandonne le fantasme de l'unification et évolue vers une relation plus pragmatique, bien qu'hostile, avec le Sud », a déclaré le professeur Lee Jung-chul de l'Université nationale de Séoul. Les analystes y voient une stratégie pour normaliser le statut de la Corée du Nord. Les États-Unis ont réaffirmé leur engagement à défendre la Corée du Sud, tandis que la Chine a appelé à la stabilité. La réponse du Conseil de sécurité de l'ONU à la Corée du Nord devrait se concentrer sur les implications nucléaires.
Implications pour la péninsule coréenne
L'abandon de la réunification comme objectif d'État pourrait réduire le risque de conflit, mais l'inscription explicite des armes nucléaires et les essais de missiles récents (y compris en 2025 et 2026) soulèvent des inquiétudes. La non-définition de la Ligne de limite nord laisse un point de friction potentiel.
Foire aux questions
Que dit l'amendement constitutionnel nord-coréen à propos de la Corée du Sud ?
La Constitution amendée définit la Corée du Sud comme un État distinct et supprime toute référence à la réunification.
Quand l'amendement a-t-il été adopté ?
Adopté en mars 2026 par l'Assemblée suprême du peuple, confirmé en mai 2026.
La nouvelle constitution mentionne-t-elle les armes nucléaires ?
Oui. Elle décrit la Corée du Nord comme un « État nucléaire responsable » et donne à Kim Jong-un le commandement des forces nucléaires.
Comment cela affecte-t-il la frontière entre les deux Corées ?
La Constitution ajoute une clause territoriale mais ne spécifie pas la frontière exacte. La DMZ reste la frontière de facto.
Quelle a été la réaction internationale ?
Les États-Unis ont réaffirmé leur défense de la Corée du Sud. La Chine a appelé à la stabilité. Les analystes y voient une tentative de normalisation.
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