Carney avertit à Davos de l'effondrement de l'ordre mondial

Le Premier ministre canadien Carney avertit à Davos de l'effondrement de l'ordre mondial et appelle les puissances moyennes à s'unir contre l'agression des grandes puissances.

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Le Premier ministre canadien lance un avertissement puissant au Forum Économique Mondial

Le Premier ministre canadien Mark Carney a prononcé un discours puissant au Forum Économique Mondial de Davos qui a reçu une ovation debout et des éloges généralisées d'observateurs internationaux. Dans son discours de 16 minutes, Carney a déclaré que l'ordre mondial actuel traversait une 'rupture' plutôt qu'une transition, et a averti que le système international fondé sur des règles était en train de s'effriter.

'La nostalgie n'est pas une stratégie'

Carney, un ancien banquier central qui s'est rendu des dizaines de fois à Davos, n'a pas nommé le président Trump, mais ses références étaient indéniables. 'Soyons clairs : nous sommes au milieu d'une rupture, pas d'une période de transition,' a déclaré Carney au public. 'La façon dont le monde est organisé politiquement et économiquement ne reviendra pas. L'ordre mondial fondé sur des règles vacille. Nous ne devons pas le regretter. La nostalgie n'est pas une stratégie.'

Le discours intervient dans le contexte des menaces de Trump d'annexer le Groenland et d'imposer des droits de douane aux alliés européens qui entravent ses ambitions territoriales. Trump a menacé d'imposer des droits de 10% à huit pays européens à partir du mois prochain, passant à 25% en juin s'ils ne soutiennent pas sa prise de contrôle du Groenland.

L'enseigne de l'épicier : un avertissement contre la complaisance

Carney a tiré une analogie puissante de l'essai 'Le Pouvoir des sans-pouvoir' du dissident tchèque Václav Havel de 1979. 'Sa réponse a commencé avec un épicier,' a expliqué Carney. 'Chaque matin, ce commerçant accroche une enseigne dans sa vitrine : Travailleurs du monde, unissez-vous ! Il n'y croit pas lui-même. Personne n'y croit. Mais il accroche l'enseigne quand même, pour éviter des ennuis. Et parce que chaque commerçant dans chaque rue fait la même chose, le système perdure.'

Carney a soutenu que les systèmes conservent le pouvoir parce que les gens font semblant qu'ils sont vrais. 'Si une personne arrête de jouer le jeu, si l'épicier retire son enseigne, l'illusion commence à se fissurer. Il est temps que les entreprises et les pays retirent leurs enseignes.'

Les puissances moyennes doivent s'unir ou 'être au menu'

Le Premier ministre canadien a appelé les puissances moyennes comme le Canada à unir leurs forces face à l'agression des grandes puissances. 'Car si nous ne sommes pas à la table, alors nous sommes au menu,' a-t-il averti, avec une phrase qui a résonné dans les salles de conférence.

Le discours de Carney est considéré comme un moment important dans la diplomatie internationale. Le professeur canadien de relations internationales Jack Cunningham a déclaré à The Guardian : 'Carney est le premier grand leader occidental à reconnaître que les systèmes d'ordre international sont en train de s'effriter. De nombreux dirigeants occidentaux cherchent quelqu'un pour tracer la voie, et ce discours est un signal important.'

Contexte géopolitique : Crise du Groenland et alliances changeantes

Le discours intervient à un moment où le Canada a resserré ses liens avec la Chine, Carney qualifiant récemment la relation avec Pékin de 'plus prévisible qu'avec les États-Unis'. Ce changement stratégique reflète des inquiétudes croissantes concernant l'imprévisibilité de Trump et ses références répétées au Canada comme 'le 51e État'.

Trump est arrivé à Davos peu après le discours de Carney, où les dirigeants européens espéraient le convaincre d'abandonner ses projets concernant le Groenland. Le président américain a justifié ses ambitions territoriales en invoquant des préoccupations de sécurité nationale concernant les activités russes et chinoises dans l'Arctique, bien que les États-Unis aient déjà une base militaire au Groenland.

Le National Observer a qualifié le discours de Carney de 'le plus important de l'histoire du pays à ce jour', tandis que The New York Times a noté l'intérêt stratégique du Canada à prendre ses distances avec un voisin de plus en plus imprévisible.

Alors que le monde observe la crise du Groenland qui se déroule, le discours de Carney marque un moment déterminant dans la façon dont les puissances moyennes réagissent à l'effondrement des normes internationales établies et à la montée de l'agression des grandes puissances.

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