Les glaciers suisses ont perdu 5,5 % de leur volume de glace en 2026 après un été caniculaire et un hiver très peu enneigé, selon le réseau de surveillance GLAMOS et la Commission suisse d'observation de la cryosphère. Cette fonte, la deuxième plus importante jamais enregistrée après les 6 % de 2022, a réduit l'épaisseur moyenne de 2,5 à 4 mètres, certaines langues glaciaires s'amincissant jusqu'à 10 mètres.
Ce que révèlent les mesures de 2026
Entre juillet et septembre, les glaciers suisses ont libéré environ 2 200 milliards de litres d'eau de fonte, soit quatre fois la consommation annuelle d'eau potable du pays. « Même un matin de septembre, on entend encore la glace fondre », témoigne Matthias Huss, glaciologue à l'ETH Zurich. « Normalement, fin septembre, la fonte s'arrête pour quelques mois. »
Huss décrit cette glace grise et criblée de trous comme du « fromage suisse ». « C'est l'avenir. Voilà à quoi ressemble un glacier mourant. »
Si 2026 n'est pas un record, l'accélération est nette : environ 10 % de glace disparue dans les années 1990, 14 % dans les années 2000, et plus d'un quart durant la dernière décennie. La fonte de 2024 (4,4 %) arrive en troisième position.
Pourquoi la fonte s'accélère
Les pertes extrêmes résultent d'un hiver peu neigeux et d'une fonte précoce dès juin, laissant la glace sombre exposée au soleil pendant des canicules répétées. Ces constats rejoignent les impacts des canicules européennes qui s'intensifient : la période d'avril à septembre 2026 a été la plus chaude et la plus sèche en Suisse depuis 1864.
Ce recul s'inscrit dans un recul des glaciers alpins documenté dans toute la région. Plusieurs petits glaciers, dont Bella Tola, ont totalement disparu cet été, tandis que le Rhône et l'Aletsch reculent rapidement.
Des communautés en première ligne
À Gletsch, près du glacier du Rhône, la glace n'est plus visible depuis la route. Tobias Winkelmann-Klein, directeur du Grand Hôtel Glacier du Rhône, se souvient : « En 1868, la reine Victoria a séjourné trois jours au col de la Furka. Elle a écrit dans son journal : nous avons roulé vers Gletsch, le long du glacier. Cela signifie que le glacier touchait la route. On prenait le thé au glacier. » Aujourd'hui, il doit marcher bien plus loin qu'il y a trente ans pour voir la glace restante. « On voit la glace fondre, fondre, fondre. C'est tellement triste. »
Impact sur l'eau, les rivières et l'avenir
L'eau de fonte a temporairement atténué la sécheresse estivale en Suisse, mais cet effet disparaîtra avec la glace. Les chercheurs avertissent que la perte des glaciers menace l'agriculture, l'hydroélectricité et le transport fluvial en Europe. Cette année, le faible niveau du Rhin a déjà perturbé la navigation et contraint certaines centrales nucléaires à réduire leur production.
Les scientifiques soulignent aussi les liens avec la hausse du niveau des mers et la sécurité hydrique à long terme. Pour le Griesgletscher, Huss est catégorique : « Il est trop tard. Nous devons être honnêtes : nous aurions dû agir il y a cinquante ans. »
Questions fréquentes
Quelle quantité de glace les glaciers suisses ont-ils perdue en 2026 ?
5,5 % de leur volume, soit la deuxième plus forte perte annuelle après 2022 (6 %).
Pourquoi cette fonte rapide en 2026 ?
Un hiver peu enneigé et des canicules répétées ont retiré tôt la neige protectrice, exposant une glace plus sombre qui absorbe davantage le rayonnement solaire.
Quel est l'impact de cette perte ?
La fonte menace l'eau destinée à l'agriculture, à l'hydroélectricité et au transport fluvial, et accroît les risques d'éboulements et d'inondations.
Les glaciers suisses peuvent-ils encore être sauvés ?
Beaucoup de glaciers alpins sont déjà condamnés, mais de fortes réductions d'émissions pourraient encore préserver une part importante de la glace himalayenne et polaire.
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