Au moins 30 personnes ont été tuées et 15 à 20 blessées lors d'une attaque de gang en Haïti à Kenscoff, une ville perchée sur les collines surplombant Port-au-Prince, dans la nuit du 24 au 25 août 2026. Le bilan est depuis monté jusqu'à 47 morts, selon les Nations Unies, ce qui en fait l'un des épisodes les plus meurtriers de la crise de violence des gangs en Haïti.
Des hommes armés ont attaqué cette communauté agricole tard dimanche soir, incendiant des maisons et s'en prenant aux habitants, laissant des corps dans les rues et des survivants à la recherche de proches disparus. Cette attaque souligne l'effondrement sécuritaire croissant dans un pays sans président élu depuis l'assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021.
Contexte : la spirale de violence des gangs en Haïti
Les gangs armés ont progressivement étendu leur contrôle à travers Haïti, les conflits haïtiens et coalitions de gangs dominant désormais environ 85 à 90 % de Port-au-Prince. La coalition Viv Ansanm, formée en 2024 par les groupes rivaux G9 et G-Pèp, s'est étendue au-delà de la capitale vers des zones comme les départements de l'Artibonite et du Centre. Selon l'ONU, environ 3 100 personnes ont été tuées par la violence des gangs au cours du seul premier semestre 2026, et 1,5 million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays.
Kenscoff elle-même est ciblée à plusieurs reprises depuis 2024. L'ONU estime que 260 personnes y ont été tuées au début de 2025, suivies d'une dizaine d'autres attaques au cours desquelles des habitants ont été violés, kidnappés, leurs maisons brûlées et leur bétail volé.
L'attaque de Kenscoff : ce que nous savons
Chronologie du massacre
La violence a commencé vers 22 h 30 heure locale le dimanche 24 août 2026, selon l'organisation haïtienne des droits de l'homme RNDDH. Des hommes armés sont entrés à Kenscoff, une municipalité située dans les collines au-dessus de Port-au-Prince, et ont commencé à tirer et à incendier des maisons. Le maire de Kenscoff a fait état d'au moins 30 morts, tandis que le RNDDH estimait entre 30 et 40 tués et 15 à 20 blessés, en précisant qu'un bilan complet restait difficile à établir.
Victimes et témoignages
Lundi matin, des corps gisaient dans les rues tandis que les habitants recherchaient des membres de leur famille disparus. « Nous avons vu des gens fuir leurs maisons au milieu de la nuit, et les hommes armés continuaient d'arriver », a déclaré un survivant aux médias locaux. L'ONU a ensuite fait état d'un bilan de 47 morts, un chiffre encore provisoire. Cette attaque s'inscrit dans une série de raids meurtriers qui font d'Haïti l'un des endroits les plus dangereux des Amériques.
Pourquoi les élections sont menacées en 2026
Haïti doit organiser ses premières élections depuis plus d'une décennie d'ici fin 2026, avec un budget approuvé de 120 millions de dollars américains et l'espoir des responsables qu'un président élu prenne ses fonctions en février 2027. Cependant, les experts avertissent que la situation sécuritaire en Haïti avant les élections rend un vote crédible presque impossible. Les gangs contrôlent les principales voies de transport, compliquent l'inscription des électeurs et ont directement ciblé les processus politiques par le passé.
La mission multinationale de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya, devenue une force de suppression des gangs soutenue par l'ONU en vertu de la résolution 2793, reste sous-financée avec moins de 1 000 soldats. « L'intervention militaire ne peut à elle seule rétablir l'ordre ; les élections nécessitent un environnement sécurisé qui n'existe pas encore », a déclaré un responsable de l'ONU.
Impact : déplacement et crise humanitaire
Le massacre de Kenscoff risque d'aggraver l'urgence humanitaire en Haïti. Plus de la moitié des 11 millions d'habitants d'Haïti ont besoin d'aide, et l'appel humanitaire de 880 millions de dollars américains est gravement sous-financé. La crise humanitaire et de déplacement en Haïti a poussé des familles dans des abris surpeuplés tandis que l'attention internationale reste divisée. À mesure que la violence des gangs s'étend, des communautés comme Kenscoff sont confrontées à un cycle brutal d'attaques, de déplacements et de retours.
Questions fréquemment posées
Que s'est-il passé à Kenscoff, en Haïti, en août 2026 ?
Des membres d'un gang armé ont attaqué la ville de Kenscoff, située sur les collines, dans la nuit du 24 au 25 août 2026, tuant au moins 30 personnes et en blessant 15 à 20 autres. Le bilan est ensuite monté jusqu'à 47 morts, selon l'ONU.
Quels gangs contrôlent Port-au-Prince en 2026 ?
Des coalitions comme Viv Ansanm, formée des anciens groupes G9 et G-Pèp, contrôlent environ 85 à 90 % de Port-au-Prince et se sont étendues aux régions environnantes.
Haïti organisera-t-elle des élections en 2026 ?
Oui, Haïti prévoit d'organiser des élections longtemps retardées d'ici fin 2026, mais les experts en sécurité et l'ONU avertissent que la violence des gangs en cours pourrait rendre un vote crédible impossible.
Combien de personnes ont été déplacées par la violence des gangs en Haïti ?
Environ 1,5 million de personnes étaient déplacées à l'intérieur du pays à la mi-2026, selon l'Organisation internationale pour les migrations et l'ONU.
Pourquoi Haïti est-elle sans président depuis 2021 ?
Le président Jovenel Moïse a été assassiné à sa résidence en juillet 2021, créant un vide de pouvoir qu'aucun gouvernement de transition n'a pu combler, permettant aux gangs d'étendre leur contrôle.
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