Un avion de transport belge A400M visé au-dessus de Port-au-Prince
Un Airbus A400M Atlas de la force aérienne belge a essuyé des tirs lors d'une mission de soutien aux Nations Unies en Haïti le 25 avril 2026, a annoncé le ministre belge de la Défense Theo Francken. L'avion, transportant environ 80 soldats tchadiens déployés dans le cadre de la mission de sécurité multinationale soutenue par l'ONU, a atterri en sécurité en République dominicaine avec des impacts de balles mais sans victime. L'incident souligne les dangers extrêmes auxquels sont confrontées les forces de maintien de la paix en Haïti, où la violence des gangs est devenue incontrôlable.
Le vol provenait de Saint-Domingue et se dirigeait vers Port-au-Prince. Après avoir déposé les troupes, l'équipage est retourné en République dominicaine, où des impacts de balles ont été découverts sur la queue et près d'un moteur. Le ministère belge de la Défense estime que l'avion a été visé peu avant l'atterrissage en Haïti. Un second vol a été annulé par précaution, et l'avion endommagé est rentré à la base de Melsbroek en Belgique après des réparations temporaires.
Contexte : La crise des gangs sans répit en Haïti
Haïti est plongé dans une grave crise de sécurité depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. Les gangs armés contrôlent désormais 80 à 90 % de Port-au-Prince. Selon l'ONU, plus de 8 100 homicides ont été documentés entre janvier et novembre 2025, et 5,7 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire aiguë. La violence a déplacé 1,4 million de personnes et forcé la fermeture de 1 600 écoles. La mission de l'ONU en Haïti peine à contenir le chaos, les gangs utilisant la violence sexuelle comme arme systématique et les attaques de drones devenant courantes.
La communauté internationale a répondu par la résolution 2699 du Conseil de sécurité en octobre 2023, autorisant une mission de sécurité multinationale dirigée par le Kenya. La Belgique a fourni un soutien logistique, notamment des avions de transport. La mission a réalisé des gains tactiques limités, mais la sécurité reste précaire. Fin mars 2026, une attaque distincte contre une patrouille de l'ONU a tué deux Casques bleus.
L'incident de l'A400M : Que s'est-il passé ?
La force aérienne belge exploite une flotte de huit A400M (un appartenant au Luxembourg) au sein de la 15e Escadre de transport aérien à Melsbroek. Ces appareils constituent l'épine dorsale de la capacité de transport stratégique belge. Le vol du 25 avril était classé à haut risque en raison de l'environnement volatil en Haïti, les équipages étant invités à minimiser le temps au sol à Port-au-Prince. Selon le ministre Francken, l'équipage est sain et sauf. Les dégâts par balles n'ont été découverts qu'au retour en République dominicaine. Les enquêteurs examinent l'appareil. La communauté de l'aviation militaire belge s'inquiète des risques croissants pour les équipages de transport en zones de conflit.
Impact sur la mission de l'ONU et la sécurité régionale
Le tir sur un avion de transport militaire marque une escalade significative des menaces contre les forces internationales en Haïti. Les gangs ont déjà visé des hélicoptères et des avions près de l'aéroport de Port-au-Prince, mais il s'agit de l'une des premières attaques confirmées contre un avion de transport militaire à voilure fixe. L'incident soulève des questions sur la sécurité des opérations de transport aérien soutenant la mission de l'ONU et pourrait entraîner une révision des procédures de vol. La Belgique n'a pas indiqué si elle retirerait ses appareils, mais l'annulation du second vol suggère une prudence accrue. La force multinationale de sécurité en Haïti