Dans un verdict historique rendu le 8 mai 2026, un jury fédéral à Miami a condamné quatre hommes pour avoir orchestré l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse en 2021. Les accusés – Arcangel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla et James Solages – ont été reconnus coupables de complot en vue de meurtre ou d'enlèvement en dehors des États-Unis, de soutien matériel entraînant la mort, et de violation de la loi américaine sur la neutralité. Ils encourent la réclusion à perpétuité, avec une sentence prévue le 28 juillet 2026. Cette condamnation marque un tournant dans l'enquête sur ce meurtre qui a plongé Haïti dans le chaos.
Contexte : L'assassinat qui a secoué Haïti
Aux premières heures du 7 juillet 2021, une trentaine d'hommes armés – d'anciens soldats colombiens pour la plupart – ont pris d'assaut la résidence privée du président à Port-au-Prince. Moïse a reçu une douzaine de balles dans sa chambre, tandis que son épouse, Martine Moïse, a été grièvement blessée. Elle a survécu et a livré un témoignage poignant à Miami, racontant comment elle a fait semblant d'être morte après avoir été touchée, entendant les derniers mots de son mari : 'Chérie, nous sommes morts.'
L'assassinat est survenu dans un contexte de crise politique. Moïse gouvernait par décret après des élections législatives reportées. Ce meurtre a provoqué une onde de choc et déclenché une spirale de violence des gangs qui perdure. L'instabilité politique d'Haïti n'a fait qu'empirer depuis, sans élections nationales à ce jour.
Le complot : Une conspiration ourdie en Floride
Selon les procureurs fédéraux, la conspiration a été conçue début 2021 en Floride du Sud. Les quatre hommes ont recruté 22 anciens soldats colombiens via CTU, une société de sécurité appartenant à Antonio Intriago. Ils ont fourni argent, armes et gilets pare-balles. Le projet visait d'abord à kidnapper Moïse pour le remplacer par le Dr Christian Emmanuel Sanon, avant de basculer vers l'assassinat. Walter Veintemilla a financé l'opération avec des fonds frauduleux d'aide au COVID-19. Arcangel Pretel Ortiz, ancien informateur du FBI, dirigeait la planification tactique. Intriago gérait la logistique, et James Solages servait de liaison sur le terrain. Les procureurs ont décrit la motivation comme 'la cupidité, l'arrogance et le pouvoir' – les conspirateurs cherchaient des contrats gouvernementaux lucratifs.
Le procès et les témoignages clés
Le procès, débuté en mars 2026, a vu le témoignage de Martine Moïse. Elle a raconté avoir été réveillée par des coups de feu, avoir rampé pour vérifier ses enfants, et leur avoir ordonné de se cacher dans une salle de bain sans fenêtre. Elle a été touchée plusieurs fois avant qu'un assaillant ne la retourne et ne braque une lampe sur ses yeux. Son témoignage a directement accusé l'ancien président Michel Martelly et l'ancien Premier ministre Ariel Henry. Six co-conspirateurs ayant plaidé coupables ont également témoigné. Les avocats de la défense ont soutenu que leurs clients ne voulaient qu'exécuter un mandat d'arrêt contre Moïse, alléguant que ce dernier avait été tué par ses propres gardes.
Conséquences : La spirale de violence des gangs
L'assassinat a créé un vide de pouvoir que les gangs ont exploité. Selon l'ONU, les gangs contrôlent environ 90 % de Port-au-Prince. Depuis 2021, plus de 20 000 personnes ont été tuées et plus d'un million de Haïtiens déplacés. La violence des gangs à Port-au-Prince a atteint des niveaux sans précédent. Une mission de sécurité dirigée par le Kenya et soutenue par l'ONU reste sous-effectuée (40 % de ses 2 500 personnels). Miroslav Jenca, secrétaire général adjoint de l'ONU, a averti qu''un effondrement total de la présence de l'État dans la capitale pourrait devenir un scénario très réel'. Les États-Unis soutiennent un conseil de transition et promettent des élections d'ici fin 2026.
Implications juridiques et perspectives
Les quatre condamnés risquent la perpétuité. Leurs avocats ont annoncé leur intention de faire appel. Un cinquième accusé, Christian Emmanuel Sanon, sera jugé séparément. Huit co-conspirateurs ont plaidé coupables. L'enquête en Haïti reste au point mort. Ce verdict montre la compétence des États-Unis sur les complots internationaux, mais des questions demeurent quant aux véritables commanditaires. La justice internationale pour Haïti reste confrontée à d'énormes obstacles.
Foire aux questions
Qui a été condamné dans le complot d'assassinat du président haïtien ?
Quatre hommes : Arcangel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla et James Solages, reconnus coupables de complot de meurtre et d'enlèvement.
Quel était le motif de l'assassinat ?
Les procureurs ont évoqué la cupidité et le pouvoir : les conspirateurs voulaient installer un successeur pour obtenir des contrats gouvernementaux.
Quand les quatre hommes seront-ils condamnés ?
La sentence est prévue le 28 juillet 2026 à Miami. Ils risquent la perpétuité.
Qu'est-il arrivé à Haïti après l'assassinat ?
Haïti a sombré dans la violence des gangs : 90 % de Port-au-Prince contrôlé, 20 000 morts, plus d'un million de déplacés. Aucune élection nationale depuis 2021.
D'autres suspects seront-ils jugés ?
Christian Emmanuel Sanon sera jugé séparément. Huit co-conspirateurs ont plaidé coupables. Les enquêtes en Haïti sont bloquées.
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