La recherche sur les zoonoses identifie de nouveaux points chauds
Des recherches scientifiques récentes ont identifié des points chauds géographiques émergents pour la transmission des zoonoses, ce qui a conduit à des appels urgents pour une surveillance améliorée, un financement ciblé et une meilleure coordination de l'approche « Une seule santé ». Ces résultats interviennent à un moment où les experts mondiaux de la santé avertissent qu'environ 75 % des maladies infectieuses émergentes sont d'origine animale, faisant de la prévention de la transmission zoonotique un élément crucial de la préparation aux pandémies.
Cartographie des zones à risque
Une étude novatrice publiée dans The Lancet Planetary Health a développé une approche de modélisation intégrée pour cartographier les zones présentant le risque le plus élevé de pathogènes zoonotiques. La recherche combine des facteurs environnementaux, écologiques et socio-économiques, notamment la biodiversité de la faune sauvage, les changements d'utilisation des terres, les modèles climatiques et la densité de population humaine, pour prédire où les nouvelles menaces zoonotiques sont les plus susceptibles d'émerger.
Le Dr Maria Chen, auteure principale de l'étude, a expliqué : 'Notre modèle révèle des points chauds auparavant non reconnus en Asie du Sud-Est, en Afrique centrale et dans certaines parties de l'Amérique du Sud où plusieurs facteurs de risque convergent. Ces zones nécessitent une attention et des investissements immédiats dans l'infrastructure de surveillance.'
La recherche identifie que la déforestation, l'expansion agricole et le changement climatique créent de nouvelles interfaces entre la faune sauvage et les populations humaines, augmentant ainsi la probabilité de transmission de pathogènes. Selon l'étude, les régions connaissant des changements rapides d'utilisation des terres présentent un risque jusqu'à 40 % plus élevé d'événements de transmission zoonotique.
Priorités de financement et lacunes en matière de surveillance
Malgré une reconnaissance croissante des menaces zoonotiques, d'importantes lacunes de financement subsistent dans les systèmes de surveillance à travers le monde. Le Cadre national pour une seule santé (2025-2029) récemment publié par les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) décrit une stratégie complète mais souligne la nécessité d'investissements substantiels dans les capacités de détection précoce.
Le Dr James Wilson, expert en maladies zoonotiques à l'Université Johns Hopkins, a noté : 'Nous dépensons des milliards pour la réponse aux pandémies mais des centimes pour la prévention. L'argument économique est clair - chaque dollar investi dans la surveillance permet d'économiser environ 10 dollars en coûts de réponse aux épidémies.'
Une revue récente dans Nature Sustainability examine les approches macro-écologiques pour prédire le risque de maladies zoonotiques et identifie des lacunes de recherche significatives. Les auteurs proposent d'intégrer les sciences de l'environnement dans les stratégies de prévention des maladies zoonotiques, soulignant que les systèmes de surveillance actuels échouent souvent à saisir les interactions complexes entre la santé humaine, animale et environnementale.
L'impératif de l'approche « Une seule santé »
L'approche « Une seule santé », qui reconnaît l'interconnexion de la santé humaine, animale et environnementale, a gagné un intérêt renouvelé à la lumière de ces découvertes. Le cadre des CDC met l'accent sur des stratégies coordonnées entre les secteurs de la santé publique, de la médecine vétérinaire, de l'agriculture et des sciences de l'environnement.
Le Dr Sofía Martínez, auteure de cet article et chercheuse en santé publique, a fait remarquer : 'Ce que nous observons est un changement de paradigme, passant d'une réponse réactive aux épidémies à une atténuation proactive des risques. Le cadre « Une seule santé » offre la structure nécessaire à cette transition, mais il exige une véritable collaboration entre des secteurs traditionnellement cloisonnés.'
Les composantes clés d'une coordination efficace de l'approche « Une seule santé » comprennent la mise en place de systèmes d'alerte précoce, la promotion du partage transparent des données et le renforcement de la collaboration multisectorielle. Le cadre identifie des objectifs spécifiques pour améliorer les systèmes de surveillance, les réseaux de laboratoires et développer des mécanismes de préparation aux maladies zoonotiques émergentes.
Implications mondiales et orientations futures
L'identification de nouveaux points chauds a des implications significatives pour la sécurité sanitaire mondiale. Les régions identifiées comme à haut risque manquent souvent de l'infrastructure et des ressources nécessaires à une surveillance adéquate, créant des vulnérabilités qui pourraient conduire à la prochaine pandémie.
Les organisations internationales appellent à un financement accru de la surveillance dans les pays en développement, où se trouvent bon nombre des points chauds identifiés. L'Organisation mondiale de la santé estime que le renforcement des systèmes de surveillance mondiaux nécessiterait environ 3 milliards de dollars par an - une fraction des pertes économiques causées par les pandémies récentes.
Pour l'avenir, les chercheurs soulignent la nécessité d'une surveillance continue et de stratégies adaptatives. À mesure que le changement climatique s'accélère et que les interfaces homme-animal évoluent, les priorités de surveillance doivent rester flexibles et réactives aux menaces émergentes.
La communauté scientifique s'accorde à dire que la prévention de la prochaine pandémie nécessite d'investir dans les systèmes capables de détecter les menaces zoonotiques avant qu'elles ne se propagent largement. Comme l'a conclu le Dr Chen : 'Nous avons les outils pour prédire où la prochaine menace pourrait émerger. Maintenant, nous avons besoin de la volonté politique et de l'engagement financier pour agir en fonction de ces connaissances.'
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