L'excédent commercial chinois avec l'UE a bondi à 360,6 Md€ en 2025 (+15 % sur un an), soit près d'un milliard d'euros par jour. Bruxelles abandonne le dialogue au profit de mesures de défense commerciale agressives. La proposition de « Section 301 européenne », soutenue par Paris et Berlin, pourrait coordonner pour la première fois les pressions de l'UE et des États-Unis sur Pékin, redessinant les échanges mondiaux et créant des risques pour les chaînes d'approvisionnement transatlantiques.
Pourquoi Bruxelles abandonne le dialogue
Les droits de douane seuls ne suffisent plus. La Commission a imposé jusqu'à 35,3 % de droits sur les véhicules électriques chinois, et 18 des 21 enquêtes de défense commerciale du bloc visent la Chine. Mais les constructeurs chinois se sont tournés vers les hybrides, et l'excédent de Pékin continue de se creuser début 2026, selon IBTimes Singapore. L'UE veut un outil plus musclé, comparable à la Section 301 américaine, pour contrer la « surcapacité industrielle systémique ». Cela rejoint les réformes de la politique industrielle de l'UE et le filtrage de la sécurité économique.
Qu'est-ce qu'une Section 301 européenne ?
Une Section 301 européenne permettrait à la Commission d'imposer tarifs, quotas ou rétorsions sans décision de l'OMC, comme la loi américaine de 1974. Les mesures antidumping actuelles exigent de longues enquêtes et la preuve de marges de dumping. Ce nouvel outil permettrait d'agir plus vite contre subventions et surcapacité, avec des droits rétroactifs pouvant dépasser 50 %. Les juristes exigent proportionnalité, contrôle judiciaire et droits temporaires. Ce débat rejoint l'avenir du règlement des différends à l'OMC.
Les chiffres derrière ce tournant
- Déficit UE-Chine : 360,6 Md€ en 2025 (+15 %)
- Droits UE sur les VE chinois : jusqu'à 35,3 %
- 21 enquêtes de défense commerciale, 18 visent la Chine
- Chine : ~90 % du traitement mondial des terres rares
- Plafond de fournisseur unique proposé : 30-40 %
Ces chiffres poussent l'UE à revoir sa politique de l'UE sur les terres rares et à envisager de nouvelles règles d'approvisionnement pour les marchés publics.
Nouvelles enquêtes et droits rétroactifs
Les nouvelles enquêtes antidumping visent produits chimiques, matériaux et véhicules électriques, avec des droits rétroactifs pouvant dépasser 50 %. Ce serait l'usage le plus agressif de la défense commerciale depuis les mesures sur l'acier. Le Conseil européen décidera en juin 2026. La CNUCED voit dans la fragmentation commerciale la tendance de l'année. L'UE met à jour sa réglementation antidumping de l'UE pour agir plus vite.
Coordination transatlantique et risques stratégiques
Pour la première fois, l'UE et les États-Unis pourraient agir de concert contre la Chine. Le représentant américain Jamieson Greer a lancé une enquête Section 301 contre l'Allemagne, compliquant l'unité. Mais l'objectif commun de contrer la surcapacité chinoise pousse à des actions parallèles. Les chaînes d'approvisionnement transatlantiques font face à des murs tarifaires des deux côtés. La CNUCED avertit d'une baisse d'efficacité du commerce mondial et de coûts accrus, accélérant la diversification des chaînes d'approvisionnement mondiales.
FAQ
Quel est l'excédent commercial UE-Chine en 2025 ?
Il a atteint 360,6 Md€, en hausse de 15 % sur un an, soit près d'un milliard par jour.
Qu'est-ce qu'une Section 301 européenne ?
Un instrument de défense commerciale proposé, avec droits de rétorsion sans l'OMC et droits rétroactifs possibles de plus de 50 %.
Quand l'UE décidera-t-elle ?
Le Conseil européen se prononcera en juin 2026.
Quels secteurs sont visés ?
Produits chimiques, matériaux et véhicules électriques, avec droits rétroactifs possibles de plus de 50 %.
Positions de la France et de l'Allemagne ?
La France soutient fermement des mesures dures ; l'Allemagne est prudente en raison de ses 246 Md€ d'échanges avec la Chine.
Conclusion
Le passage du dialogue à la dissuasion est un réalignement structurel du commerce mondial. Avec une action conjointe UE-États-Unis possible, le consensus post-OMC s'érode. Entreprises et gouvernements doivent se préparer à un environnement plus fragmenté et tarifaire.
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