Belgique : partage non consenti de photos intimes

Selon une enquête de la VRT, des hommes belges partagent des photos nues de leurs partenaires sur au moins 20 plateformes, sans consentement. L'ampleur du phénomène inquiète.

Belgique : partage non consenti de photos intimes
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Aperçu : une épidémie inquiétante d'abus numériques

Une enquête de la VRT a révélé que des hommes en Belgique partagent des photos nues de leurs épouses et petites amies sur au moins 20 plateformes en ligne, souvent sans leur connaissance ni consentement. Les images sont publiées sur des groupes de réseaux sociaux, des sites dédiés et des chats Telegram comptant des milliers de membres. Ce contenu est qualifié de « non conscient » – les victimes ignoraient être photographiées.

Cette tendance de partage non consenti d'images intimes fait écho à des scandales similaires en Italie et ailleurs, soulignant une crise mondiale de violations de la vie privée numérique. En Belgique, le phénomène semble répandu, les chercheurs le qualifiant de « partie émergée de l'iceberg ».

Fonctionnement des plateformes

Selon l'enquête de la VRT, les plateformes vont des réseaux sociaux grand public comme Facebook aux applications de messagerie cryptée comme Telegram et aux sites web autonomes. Les hommes partagent des photos prises en secret pendant que leurs partenaires se douchent, se changent ou dorment. Les images sont souvent accompagnées de commentaires sexistes utilisant des termes comme « salope » et « putain ».

Certains groupes maintiennent des systèmes de notation du nombre de photos partagées. D'autres délivrent des « certificats officiels » aux hommes qui prouvent que la femme sur les photos est leur partenaire. Parfois, les noms et adresses sont publiés, encourageant d'autres hommes à « venir voir » la victime.

Témoignages de victimes : trahison et traumatisme

Une victime, identifiée seulement comme « Valerie », a déclaré à la VRT : « Je n'ai jamais remarqué qu'il prenait ces images, car c'était la personne en qui j'avais le plus confiance. » Elle a découvert que son mari avait partagé des photos intimes en ligne, y compris des gros plans et des corps entiers. La police a trouvé 1 200 images nues prises en secret sur son ordinateur. Elle a porté plainte il y a quatre ans mais attend toujours un procès tandis que ses images continuent de circuler.

Une autre femme a raconté comment son mari avait partagé son nom et son lieu de travail avec des groupes en ligne pour que des hommes puissent « venir la voir ». La trahison est aggravée par la difficulté de supprimer les images une fois en ligne.

Cadre juridique et défis d'application

En Belgique, partager des images intimes sans consentement est une infraction pénale. Cependant, peu de plaintes aboutissent à des condamnations. Les experts affirment que les autorités manquent de connaissances et de ressources pour traiter les cas rapidement. La VRT rapporte que les victimes se sentent souvent peu prises au sérieux par la police et la justice.

La directive de l'UE sur la lutte contre la violence envers les femmes, adoptée en mai 2024, inclut explicitement le partage non consenti d'images intimes comme forme de violence. Le règlement sur les services numériques (DSA) exige également que les plateformes traitent la violence basée sur le genre comme un risque systémique. Cependant, l'application reste incohérente entre les États membres.

Contexte mondial : un problème répandu

L'enquête belge a été motivée par des rapports similaires en Italie. En 2025, un groupe Facebook appelé « Mia Moglie » (Ma femme) comptant 32 000 membres a été fermé après que des hommes ont partagé des photos intimes de leurs partenaires sans consentement. Les autorités italiennes ont reçu environ 2 800 plaintes. Meta a supprimé le groupe en invoquant sa politique d'exploitation sexuelle des adultes. L'Italie a des lois strictes sur la pornographie vengeresse depuis 2019, avec des peines d'un à six ans de prison et des amendes jusqu'à 15 000 €.

Au Royaume-Uni, la police a enregistré au moins 28 201 signalements de divulgation d'images sexuelles privées sans consentement entre avril 2015 et décembre 2021. Un rapport parlementaire de 2025 a appelé à des protections juridiques plus fortes et à un meilleur soutien aux victimes.

La lutte mondiale contre les abus d'images prend de l'ampleur, mais les militants avertissent que les groupes se déplacent simplement vers d'autres plateformes lorsqu'ils sont fermés. Telegram, avec ses canaux cryptés, est devenu un refuge pour ces activités.

Impact sur les victimes et la société

L'impact psychologique sur les victimes est grave. Beaucoup rapportent des sentiments de honte, d'anxiété et de trahison. Le fait de savoir que les images intimes sont en ligne en permanence et peuvent refaire surface à tout moment crée un traumatisme durable. L'enquête de la VRT cite des experts qui décrivent le phénomène comme une forme de violence numérique basée sur le genre qui renforce la misogynie et le contrôle.

Les groupes de défense appellent à une meilleure modération des plateformes, une réponse plus rapide des forces de l'ordre et une éducation sexuelle complète pour s'attaquer aux causes profondes. Certains suggèrent que les entreprises technologiques utilisent l'IA pour détecter de manière proactive les images intimes non consenties.

FAQ

Qu'est-ce que le partage non consenti d'images intimes ?

C'est la distribution d'images ou vidéos sexuelles privées sans le consentement de la personne représentée. Cela inclut les photos prises en secret ou partagées sans autorisation, souvent appelé « revenge porn » ou abus d'images.

Est-ce illégal en Belgique ?

Oui. Le partage d'images intimes sans consentement est une infraction pénale en Belgique. Cependant, l'application est incohérente et de nombreux cas n'aboutissent pas à des poursuites.

Comment les victimes peuvent-elles obtenir de l'aide ?

Les victimes peuvent signaler à la police locale, contacter des organisations comme l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, ou appeler des lignes d'aide comme le 1712 (Flandre) ou le 0800/30 030 (Wallonie). Les plateformes en ligne ont également des outils de signalement.

Que font les plateformes pour arrêter cela ?

Meta (Facebook) a des politiques contre l'exploitation sexuelle des adultes et utilise l'IA pour détecter les images non consenties. Telegram s'appuie sur les signalements des utilisateurs. Le DSA exige des grandes plateformes qu'elles évaluent et atténuent les risques systémiques, y compris la violence basée sur le genre.

Quelle est l'ampleur du problème ?

Très courant et en croissance. La VRT a trouvé au moins 20 plateformes et 32 comptes belges partageant ces images. En Italie, un seul groupe Facebook comptait 32 000 membres. Les experts estiment que les chiffres réels sont beaucoup plus élevés.

Sources

VRT NWS: Mannen delen stiekem naaktfoto's van partner
NOS: Op zeker 20 online platforms delen Belgische mannen naaktfoto's van hun vrouw
The Brussels Times: Photos of Belgian women shared by their boyfriends and husbands
Global Standard News: Italian Facebook group shut down
EU Directive 2024: Non-consensual intimate image abuse in Europe

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