Les nouveaux programmes d'emploi pour réfugiés transforment le paysage de l'intégration
À travers l'Europe, des programmes pilotes innovants démontrent qu'un accès précoce à l'emploi peut améliorer considérablement l'intégration des réfugiés. Des données récentes provenant de plusieurs pays montrent que lorsque les réfugiés obtiennent un emploi significatif peu après leur arrivée, ils s'intègrent plus rapidement, développent des compétences linguistiques plus efficacement et contribuent de manière significative aux économies des pays d'accueil.
Le succès néerlandais
Les Pays-Bas ont connu une transformation remarquable en matière d'emploi des réfugiés suite aux changements de politique en 2024. Après que le Conseil d'État a abrogé la restriction annuelle de 24 semaines de travail pour les demandeurs d'asile, les permis de travail ont grimpé d'environ 700 au premier semestre 2023 à 9 500 sur la même période en 2024. 'Le droit de travailler toute l'année rend les demandeurs d'asile beaucoup plus attrayants pour les employeurs,' déclare le chercheur Jaco Dagevos. 'Cela a le potentiel de réduire notre besoin de travailleurs migrants étrangers tout en aidant les réfugiés à construire de nouvelles vies.'
Les projets pilotes néerlandais menés par l'UWV, le COA et les municipalités ont connecté avec succès des demandeurs d'asile à des employeurs confrontés à des pénuries de main-d'œuvre. Les avantages vont au-delà des contributions économiques—le travail améliore l'acquisition de la langue, les contacts sociaux, la routine quotidienne et la santé psychologique des réfugiés.
Le programme Job-Turbo de l'Allemagne
Le programme national allemand Job-Turbo, lancé en 2023, fournit des preuves convaincantes de ce qui est possible avec un soutien structuré à l'emploi. Une étude approfondie utilisant des données administratives a montré que parmi les réfugiés ukrainiens, le taux de sortie vers l'emploi a presque doublé grâce au programme. 'Le programme a augmenté à la fois la vitesse et la proportion de placements durables, indiquant une amélioration de la qualité des appariements emploi-personne,' selon des chercheurs de l'Institut für Arbeitsmarkt- und Berufsforschung.
L'initiative allemande se concentre principalement sur les réfugiés ukrainiens et huit autres principaux pays d'origine, avec un modèle de différence de différences montrant une augmentation significative des contacts entre les gestionnaires de cas et les réfugiés et des placements en emploi sur 23 mois.
Le projet pilote des voies de mobilité économique du Canada
De l'autre côté de l'Atlantique, le Canada a prolongé son projet pilote des voies de mobilité économique (EMPP) jusqu'au 31 décembre 2025, avec un plafond annuel de 950 demandes pour 2025. Ce programme innovant représente la première voie complémentaire du Canada pour la mobilité de la main-d'œuvre réfugiée, permettant aux réfugiés qualifiés et aux personnes déplacées de postuler pour un statut de résident permanent tandis que les employeurs canadiens s'attaquent aux pénuries de personnel.
Depuis 2019, 970 personnes ont été admises par ce programme, plus de 30 % travaillant dans les soins de santé, et d'autres dans la construction et l'hôtellerie-restauration. 'La prolongation permet à davantage de travailleurs dans des secteurs essentiels comme les soins de santé de bénéficier de cette voie vers la résidence permanente,' note Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
L'impulsion de financement de la Commission européenne
La Commission européenne a lancé un appel à financement de 34 millions d'euros dans le cadre du Fonds pour l'asile, la migration et l'intégration (FAMI) pour soutenir des projets d'intégration des migrants en 2025. L'initiative se concentre sur cinq domaines clés : améliorer l'accès aux soins de santé pour les migrants, soutenir l'intégration sur le marché du travail des femmes migrantes, améliorer la littératie numérique des migrants, créer des voies d'éducation accessibles pour les réfugiés et protéger les enfants migrants.
Les demandeurs éligibles comprennent les autorités publiques, les partenaires économiques et sociaux, les employeurs, les organisations de la société civile, les autorités locales et régionales et les organisations de migrants. La période de candidature a ouvert le 3 avril 2025, avec une date limite de soumission le 16 septembre 2025.
Implications politiques et orientations futures
Ces programmes pilotes démontrent plusieurs idées politiques cruciales. Premièrement, l'accès précoce à l'emploi est essentiel—les réfugiés qui travaillent peu après leur arrivée s'intègrent avec plus de succès. Deuxièmement, le soutien structuré des services de l'emploi fait une différence significative dans la qualité et la durabilité des placements. Troisièmement, il n'y a aucune preuve que l'emploi des réfugiés évince les travailleurs nationaux lorsque les programmes sont bien conçus.
Alors que les déplacements mondiaux atteignent des niveaux sans précédent—avec plus de 117 millions de personnes déplacées mi-2025—ces modèles d'intégration offrent de l'espoir. Les États-Unis, en revanche, ont fixé leur plafond d'admission de réfugiés à seulement 7 500 pour l'exercice 2026, le plus bas des 45 ans d'histoire du programme, après une période d'admissions accrues sous le président Biden qui a dépassé 100 000 en 2024.
Le succès de ces programmes européens et canadiens suggère que l'intégration des réfugiés et la contribution économique ne sont pas des objectifs mutuellement exclusifs. Lorsque les réfugiés obtiennent les bonnes voies d'emploi, ils deviennent des contributeurs précieux à leurs nouvelles communautés tout en construisant des vies stables pour eux-mêmes et leurs familles.