Le bilan de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé les 5 000 morts, ont confirmé les autorités sanitaires vendredi 31 octobre 2026. Il s'agit de l'épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays et de la deuxième plus importante au monde après celle d'Afrique de l'Ouest (2014-2016). Les données officielles font état de plus de 10 000 infections confirmées depuis mai, avec un taux de létalité de 48,5 %.
Qu'est-ce que l'épidémie de Bundibugyo au Congo ?
La 17e épidémie de la RDC est causée par la souche rare Bundibugyo ebolavirus, signalée le 14 mai 2026 dans la province d'Ituri, à l'est du pays. L'OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale le 16 mai 2026. Contrairement au virus Zaïre, plus courant, la souche Bundibugyo ne dispose d'aucun vaccin ni traitement approuvé, ce qui complique considérablement la riposte. Une situation qui rappelle les urgences sanitaires mondiales précédentes, où la détection tardive et le manque de moyens médicaux ont favorisé la propagation.
Combien de personnes sont mortes en 2026 ?
Fin octobre 2026, la RDC comptait 5 030 décès pour 10 382 cas confirmés, auxquels s'ajoutent 308 cas suspects. Le virus a touché huit des 26 provinces et gagné quatre autres pays. La croissance n'est pas exponentielle : les dernières semaines montrent un plateau élevé et stable de 400 à 500 nouvelles infections hebdomadaires.
Cas signalés par pays
- RDC : 10 274 cas, 4 992 décès
- Ouganda : 21 cas confirmés ou probables, 3 décès
- Kenya : 9 cas, 2 décès
- Nigeria : 1 cas
- France : 1 cas importé, guéri
À titre de comparaison, l'épidémie ouest-africaine de 2014-2016 avait provoqué 28 616 infections et 11 310 décès (40 % de létalité), contre 48,5 % aujourd'hui.
Pourquoi l'épidémie est-elle si difficile à contenir ?
Seul environ un quart des nouveaux cas est lié à des contacts connus : la majorité des patients ont été infectés par des personnes non encore identifiées par les soignants. Ebola se transmet par contact direct avec les liquides biologiques infectés (sang, salive, sueur, vomissements, selles). L'absence de vaccin homologué contre Bundibugyo est un obstacle majeur, les vaccins existants ciblant le virus Zaïre.
Conflits armés dans l'est du pays, système de santé fragile, pratiques funéraires à risque et désinformation entravent la riposte. « C'est un plateau », a déclaré la docteure Boghuma Titanji à l'Associated Press, « mais un plateau élevé », s'inquiétant de l'absence de baisse. Les experts espèrent qu'un vaccin contre Ebola Bundibugyo sera disponible l'an prochain.
Quelles implications pour la région ?
La propagation au Kenya, en Ouganda, au Nigeria et un cas lié à un voyage en France soulignent le risque d'une transmission internationale élargie. L'Arabie saoudite a suspendu vendredi les voyages et visas pour le Kenya, après des restrictions visant la RDC, l'Ouganda et le Soudan du Sud. L'épidémie fragilise aussi des systèmes de santé déjà précaires et pourrait aggraver les défis de riposte aux urgences sanitaires en Afrique centrale et de l'Est.
Questions fréquentes
Quel est le bilan de l'épidémie de 2026 ?
Plus de 5 000 morts et plus de 10 000 cas confirmés au 31 octobre 2026.
Quelle souche est responsable ?
Le Bundibugyo ebolavirus, une souche rare sans vaccin ni traitement approuvé.
Quels pays ont signalé des cas ?
La RDC, le Kenya, l'Ouganda, le Nigeria et un cas guéri en France.
Comment Ebola se transmet-il ?
Par contact direct avec les liquides biologiques infectés.
Existe-t-il un vaccin contre Bundibugyo ?
Pas encore ; les vaccins actuels ciblent la souche Zaïre.
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