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CBAM : la taxe carbone aux frontières de l'UE en 2026

Le CBAM de l'UE depuis janvier 2026 incite le Canada, le Japon, la Corée et Taïwan à adopter leur propre tarification carbone, boostant les réductions d'émissions de 73% selon Potsdam.

CBAM : la taxe carbone aux frontières de l'UE en 2026
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Qu'est-ce que le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (CBAM)?

Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne (CBAM) est entré en régime définitif le 1er janvier 2026. Il impose aux importateurs d'acier, d'aluminium, de ciment, d'engrais, d'électricité et d'hydrogène d'acheter des certificats au prix du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE). Au premier trimestre 2026, le prix était de 75,36 € par tonne de CO₂, et de 75,28 € au deuxième trimestre. L'objectif est d'éviter les fuites de carbone en égalisant le coût carbone entre produits importés et domestiques. Les importateurs dépassant 50 tonnes de marchandises CBAM par an doivent devenir déclarants agréés et restituer les certificats avant le 30 septembre de l'année suivante.

L'effet Bruxelles : une cascade de tarification carbone

Une nouvelle étude de l'Institut Potsdam pour la recherche sur l'impact climatique (PIK) montre que le CBAM déclenche un puissant effet de diffusion des politiques. En combinant économie du commerce et théorie des jeux, les scientifiques ont identifié le Canada, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan comme les candidats les plus probables à adopter leur propre tarification carbone pour récupérer les recettes tarifaires. L'étude prévoit que cette cascade pourrait réduire les émissions mondiales de CO₂ de 73% supplémentaires (691 millions de tonnes contre 399 millions) par rapport à l'action climatique seule de l'UE. Ce phénomène, appelé « effet Bruxelles », montre comment une politique régionale peut remodeler la gouvernance climatique mondiale.

Canada : vers un CBAM domestique

Le Canada, 10e partenaire commercial de l'UE, envisage activement son propre ajustement carbone aux frontières. En 2025, le gouvernement a signalé la nécessité d'un CBAM national pour protéger la compétitivité de ses industries. L'examen intermédiaire du système fédéral de tarification carbone en 2026 est une étape cruciale. Cependant, l'alignement sur le CBAM complexe de l'UE pourrait imposer des coûts de conformité importants aux exportateurs canadiens. Le débat sur la taxe carbone aux frontières de l'UE au Canada reflète une tension entre ambition climatique et compétitivité commerciale.

Japon : construction d'un système d'échange de quotas obligatoire

Le Japon mise sur une stratégie de couverture en développant le GX-ETS (système d'échange de quotas pour la transformation verte), qui doit être lancé dans l'année fiscale 2026. En revendiquant une équivalence avec le SEQE-UE, le Japon espère protéger ses exportateurs des coûts du CBAM. Avec une exposition d'environ 3 milliards d'euros aux biens couverts par le CBAM, cette décision est à la fois défensive et stratégique. Selon Carbon Market Watch, le Japon pourrait faire face à des frais CBAM d'environ 291 millions de dollars par an, mais les coûts nets tombent à environ 115 millions après prise en compte des prix de vente plus élevés sur le marché européen.

Corée du Sud : relever le K-ETS vers la parité

La Corée du Sud fait face à un choix binaire : augmenter son prix carbone domestique (K-ETS) d'environ 12,50 $ la tonne vers la parité avec l'UE ou accepter un écart de 80 $ qui rendrait ses exportations beaucoup plus chères. Le K-ETS couvre déjà 79% des émissions nationales. La Corée du Sud pourrait subir les frais CBAM les plus élevés parmi les économies asiatiques, à 619 millions de dollars (1,74% de la valeur des exportations), bien que les coûts nets tombent à 196 millions après ajustement. Le système de tarification carbone de la Corée du Sud est sous pression pour accélérer la réduction de son plafond et supprimer les allocations gratuites.

Taïwan : taxes carbone et pilote CBAM domestique

Taïwan a introduit une taxe carbone en 2026 pour aider les exportateurs locaux à bénéficier de remises CBAM. Le ministère de l'Environnement a classé 17 secteurs (dont l'acier, le ciment, le raffinage pétrolier et l'électronique) comme à risque élevé de fuite de carbone. Les entreprises de ces secteurs peuvent bénéficier d'une réduction de 80% sur la taxe carbone si elles proposent un plan de réduction auto-déterminé. Taïwan développe également son propre CBAM, commençant par un pilote dans l'industrie cimentière à partir de 2027. Les développements de la tarification carbone à Taïwan illustrent comment même les petites économies sont entraînées dans l'orbite de la tarification carbone.

Impact sur les économies émergentes et le commerce mondial

La cascade du CBAM présente à la fois des défis et des opportunités pour les économies émergentes. Pour des pays comme le Vietnam, la Thaïlande et l'Indonésie, qui manquent de tarification carbone crédible, l'écart de prix du carbone devient une marge commerciale mesurable. Singapour, avec sa taxe carbone de 80 SGD approchant la parité avec l'UE, se positionne comme un courtier régional en comptabilité carbone. Une proposition de la Commission européenne de décembre 2025 visant à étendre le CBAM à environ 180 produits en aval (machines, composants automobiles) d'ici 2028 multiplierait l'exposition en Asie et ailleurs. Les tendances mondiales de la tarification carbone 2026 sont façonnées par cet effet domino mené par l'UE. La Banque mondiale note que les initiatives de tarification carbone couvrent désormais 23% des émissions mondiales, un chiffre qui pourrait augmenter significativement si la cascade se poursuit.

Points de vue d'experts

Dr Michael Mehling, directeur adjoint du Centre for Energy and Environmental Policy Research au MIT, commente : « Le CBAM est sans doute l'innovation politique climatique la plus importante de la décennie. Il transforme la tarification carbone d'un coût domestique en un paramètre commercial international, créant de puissantes incitations à la diffusion des politiques. » L'économiste du commerce Dr Susanne Dröge de l'Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité ajoute : « Nous assistons à l'émergence d'un club carbone, où les pays dotés d'une tarification carbone obtiennent un accès préférentiel au marché de l'UE. Cela pourrait accélérer la décarbonation mondiale mais risque de marginaliser les économies qui ne peuvent pas suivre. »

Foire aux questions

Qu'est-ce que le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (CBAM)?

Le CBAM est une politique de l'UE qui oblige les importateurs de biens à forte intensité carbone à acheter des certificats au prix du SEQE-UE, garantissant que les importations supportent le même coût carbone que la production domestique.

Quand le régime définitif du CBAM a-t-il commencé?

Le régime définitif a débuté le 1er janvier 2026, remplaçant la phase de transition (2023-2025). Les importateurs doivent désormais acheter et restituer des certificats CBAM annuellement.

Quels pays adoptent une tarification carbone en réponse au CBAM?

Selon l'Institut Potsdam, le Canada, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan sont les candidats les plus probables. Le Japon construit un GX-ETS obligatoire, la Corée du Sud augmente son prix K-ETS, le Canada envisage un CBAM domestique, et Taïwan a introduit une taxe carbone en 2026.

Combien coûtent les certificats CBAM?

Le prix au T1 2026 était de 75,36 € par tonne de CO₂, et au T2 de 75,28 €. Les prix sont publiés trimestriellement et reflètent la moyenne pondérée des enchères du SEQE-UE.

Le CBAM sera-t-il étendu à davantage de produits?

Oui. En décembre 2025, la Commission européenne a proposé d'étendre le CBAM à environ 180 produits en aval (par exemple, portières de voiture, machines) à partir de 2028. Les États membres ont approuvé cette extension en juin 2026.

Conclusion et perspectives

La taxe carbone aux frontières de l'UE s'avère une force transformatrice dans la gouvernance climatique mondiale. En liant l'accès au marché à la tarification carbone, le CBAM crée une incitation puissante pour les partenaires commerciaux à adopter leurs propres politiques climatiques. L'effet de cascade documenté par l'Institut Potsdam suggère que l'impact de la politique s'étend bien au-delà des frontières de l'UE, remodelant potentiellement les trajectoires commerciales et d'émissions pour le reste de la décennie. Alors que de plus en plus de pays mettent en œuvre une tarification carbone, le monde pourrait assister à la naissance d'un nouveau régime climatique où les coûts carbone ne sont plus un désavantage concurrentiel mais une norme universelle. L'avenir des ajustements carbone aux frontières dépendra de la manière dont cette transition sera gérée équitablement et si les économies en développement reçoivent le soutien nécessaire pour y participer.

Sources

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