Des attaques coordonnées contre des églises laissent plus de 160 disparus
Dans une attaque brutale qui a choqué la communauté internationale, des bandits armés ont attaqué plusieurs églises dans l'État nigérian de Kaduna lors des services dominicalux et ont enlevé plus de 160 fidèles lors de raids coordonnés. Selon les autorités locales et les responsables religieux, les attaques se sont produites simultanément dans deux ou trois églises de la communauté forestière reculée de Kurmin Wali, où des hommes armés équipés d'armes sophistiquées ont bloqué les entrées et forcé les paroissiens à s'enfoncer dans la forêt.
Détails de l'attaque
Le porte-parole de la police, Mansir Hassan, a confirmé les attaques mais a noté que l'emplacement reculé et les mauvaises routes rendent la vérification et les opérations de sauvetage difficiles. Le révérend John Hayab, président de l'Association chrétienne du Nigeria dans le nord, a rapporté qu'initialement 172 fidèles avaient été enlevés, dont 9 ont réussi à s'échapper, laissant 163 personnes toujours portées disparues lundi. 'C'est un coup dévastateur pour notre communauté,' a déclaré Hayab aux journalistes. 'Ces attaques contre les lieux de culte doivent cesser immédiatement.'
Ces attaques s'inscrivent dans un schéma inquiétant d'enlèvements massifs qui frappe le Nigeria depuis des années. Dès novembre dernier, plus de 300 élèves et 12 enseignants avaient été enlevés dans un internat catholique dans l'ouest du Nigeria, tous les captifs n'ayant été libérés qu'après près d'un mois de négociations.
L'enlèvement, une industrie lucrative
Selon des rapports récents de SBM Intelligence, l'enlèvement a évolué pour devenir une entreprise criminelle lucrative au Nigeria, les ravisseurs ayant collecté environ 2,57 milliards de nairas (1,66 million de dollars) en rançons entre juillet 2024 et juin 2025. Au cours de cette période, 4 722 personnes ont été enlevées lors de 997 incidents, au moins 762 personnes ayant péri dans des violences liées aux enlèvements.
'L'enlèvement est devenu une industrie structurée qui rivalise en taille avec des entreprises légitimes,' explique l'analyste en sécurité Chidi Nwafor. 'Les groupes criminels gonflent les montants des rançons pour compenser la dépréciation de la monnaie, un comportement similaire à celui des entreprises dans une économie à forte inflation.'
Réaction gouvernementale et critiques
Le gouvernement nigérian fait face à des critiques croissantes concernant sa gestion de la crise sécuritaire. De nombreux citoyens accusent les autorités de ne pas en faire assez pour prévenir les enlèvements, tandis que les experts soulignent des problèmes systémiques tels que le sous-financement des forces de sécurité, la corruption et le mauvais partage du renseignement. Les rapports de la BBC indiquent que le Nigeria doit faire face à de multiples défis sécuritaires, notamment les enlèvements, l'insurrection islamiste, la violence séparatiste et les conflits entre éleveurs et agriculteurs.
L'experte en sécurité Fatima Bello note : 'Le problème va au-delà de la simple action policière. Le Nigeria doit s'attaquer aux causes profondes comme le chômage des jeunes, les inégalités économiques et le déficit éducatif qui font de l'enlèvement une option attrayante pour des jeunes hommes désespérés.'
Impact régional et préoccupations futures
La région du nord-ouest reste l'épicentre de l'activité d'enlèvement, représentant 42,6 % des incidents et 62,2 % des victimes selon les données de SBM Intelligence. L'État de Zamfara a enregistré le plus grand nombre de personnes enlevées avec 1 203 pendant la période du rapport, suivi des États de Kaduna et Katsina.
Au-delà du coût humain direct, la croissance de l'« économie de la rançon » a des conséquences économiques plus larges. BusinessDay rapporte que la crise épuise le patrimoine des ménages, affaiblit la confiance des entreprises, entrave les investissements et aggrave l'inflation alimentaire en perturbant la production agricole dans les régions touchées.
Alors que les opérations de recherche se poursuivent dans les forêts denses de l'État de Kaduna, les familles des fidèles enlevés endurent une attente douloureuse, tandis que le Nigeria affronte à nouveau un chapitre de ce que beaucoup appellent une « épidémie d'enlèvements » qui ne montre aucun signe de ralentissement.
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