UE enquête sur l'IA Grok de X pour des deepfakes sexuels

L'UE ouvre une enquête sur le chatbot IA Grok de X pour des deepfakes sexuels de femmes et d'enfants. L'enquête examine la conformité à la DSA, les évaluations des risques et la présence possible de matériel pédopornographique. X risque des amendes allant jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires mondial.

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La Commission européenne ouvre une enquête formelle sur l'IA de X

L'Union européenne a ouvert une enquête formelle contre la plateforme de médias sociaux X d'Elon Musk, en raison de préoccupations concernant l'utilisation de son chatbot IA Grok pour générer des deepfakes sexuels non consensuels de femmes et d'enfants. Annoncée le 26 janvier 2026, cette enquête marque l'une des actions réglementaires les plus significatives contre le contenu généré par l'IA dans le cadre de la Loi sur les services numériques (DSA) de l'UE.

La fonctionnalité de "déshabillage" provoque l'indignation

L'enquête se concentre sur les capacités de génération d'images de Grok, qui permettaient aux utilisateurs de créer des deepfakes sexuellement explicites en "déshabillant" numériquement des personnes sur des photos. Selon la commissaire européenne au Marché intérieur, Henna Virkkunen, "les deepfakes sexuels sont une forme inacceptable et violente d'abus. Nous devons déterminer si X a suffisamment protégé les droits des citoyens européens ou les a traités comme des dommages collatéraux."

La déclaration de la Commission européenne a souligné que certains contenus générés pourraient constituer du matériel pédopornographique, ce qui soulève de sérieuses préoccupations juridiques et éthiques. L'enquête évaluera si X a effectué les évaluations des risques obligatoires avant d'introduire les fonctionnalités de Grok sur le marché de l'UE, comme l'exige la DSA.

Élargissement de la surveillance réglementaire

Ce n'est pas la première fois que X est sous le feu des projecteurs de l'UE. En décembre 2025, la plateforme a reçu une amende de 120 millions d'euros pour des violations antérieures de la DSA concernant des "coches bleues" trompeuses, une transparence publicitaire insuffisante et un accès aux données inadéquat pour les chercheurs.

L'enquête actuelle a été élargie pour inclure également les systèmes de recommandation de X, notamment après que la plateforme a annoncé qu'elle utiliserait l'IA Grok pour sélectionner et recommander le contenu des utilisateurs. Cela soulève des préoccupations supplémentaires concernant l'amplification algorithmique de contenus nuisibles.

La pression internationale s'intensifie

X est soumis à une pression internationale croissante en raison de la controverse autour de Grok. Des enquêtes similaires sont en cours en Australie, en France et en Allemagne, tandis que l'Indonésie et la Malaisie ont imposé des interdictions temporaires sur la technologie. Le régulateur britannique Ofcom a également lancé sa propre enquête en janvier 2026.

Si X est reconnu coupable de violations de la DSA, il pourrait encourir des amendes allant jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires annuel mondial, soit environ 174 millions de dollars sur la base d'un chiffre d'affaires estimé à 2,9 milliards de dollars. La Commission européenne a le pouvoir d'imposer des mesures provisoires pendant l'enquête et peut exiger des changements de comportement de la part de la plateforme.

Réaction de la plateforme et ajustements techniques

X a réagi à la controverse en limitant les capacités de retouche d'image pour les utilisateurs de Grok et en bloquant la génération d'images suggestives dans les juridictions où un tel contenu est illégal. Un porte-parole de l'entreprise a déclaré : "Nous avons une tolérance zéro pour l'exploitation sexuelle des enfants et la nudité non consensuelle. Nous nous engageons à travailler avec les régulateurs pour répondre à ces préoccupations."

Cependant, les responsables de l'UE soulignent que ces ajustements techniques ne répondent pas pleinement aux risques systémiques identifiés dans leur enquête. La Commission examinera si les mesures de X sont suffisantes pour protéger les utilisateurs contre les violences liées au genre et les impacts négatifs sur le bien-être physique et mental.

L'enquête n'a pas de date limite fixe, mais la Commission a indiqué qu'elle donnerait la priorité à ce dossier compte tenu de la gravité des violations présumées. Ce cas représente une étape importante dans le test de la capacité de l'UE à réglementer les technologies d'IA en évolution rapide et à protéger les citoyens contre les préjudices numériques.

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