Que s'est-il passé à Ceuta en juillet 2026 ?
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déclaré jeudi au Parlement qu'aucune preuve solide ne démontre que le Maroc a orchestré la crise de Ceuta, qui a vu environ 70 000 migrants se ruer vers l'enclave espagnole fin juillet. Ses propos interviennent après des manifestations massives en Espagne sur la situation humanitaire.
Entre le 30 juillet et début août, environ 70 000 personnes, surtout de jeunes hommes, sont entrées depuis le Maroc à la nage ou à pied. Au moins 82 personnes sont mortes, pour l'essentiel noyées. La plupart sont retournées au Maroc le jour même, mais des milliers sont restés, souvent dans des conditions précaires. Un rapport du Centre national de l'immigration et du contrôle des frontières (CENIF), consulté par El País, suggère que des agents marocains auraient dirigé les foules vers certains points et facilité les traversées ; des images satellite montrent une surveillance marocaine limitée.
Le rapport pointe aussi les réseaux sociaux et une décision de la Cour suprême espagnole début juillet, qui exigeait une procédure avant le renvoi des migrants arrivés à la nage ou en bateau, interprétée comme une porte ouverte. Ce n'est pas la première fois que la crise migratoire de Ceuta tend les relations entre Madrid et Rabat.
Qu'a dit Sánchez sur le rôle du Maroc ?
Devant le Parlement, Sánchez a répondu au rapport divulgué : « Je peux vous assurer qu'aucune institution – ni le service diplomatique, ni la Commission européenne, ni aucun organisme international – n'a fourni au gouvernement espagnol la moindre preuve solide que le Maroc a planifié ou exécuté cet incident. Rien du tout. »
Le chef du gouvernement a convoqué l'ambassadeur marocain après des propos « inacceptables » de deux ministres, dont Abdellatif Ouahbi, qui a répété la revendication marocaine sur Ceuta et Melilla. L'opposition et les manifestants réclament des comptes, tandis que des milliers de migrants restent à Ceuta dans des conditions qui se dégradent, sur fond de tensions frontalières entre l'Espagne et le Maroc.
Pourquoi Ceuta et Melilla comptent
Ceuta et Melilla sont des villes autonomes espagnoles sur la côte nord du Maroc, seules frontières terrestres de l'UE en Afrique. Le Maroc les revendique ; l'Espagne rappelle qu'elles sont espagnoles depuis le XVe siècle. Ce différend en fait des points de friction récurrents pour la migration et la diplomatie. Les deux villes – Ceuta (85 000 habitants) et Melilla (86 000 habitants, à 400 km à l'est) – sont hors de l'espace douanier commun de Schengen, avec des contrôles à la sortie.
Sánchez a jugé que les enclaves devaient recevoir la visite du chef de l'État après « une vingtaine d'années sans visite » et a appelé le roi Felipe VI à s'y rendre « dans les prochaines semaines ».
Quelle est la suite ?
Le gouvernement espagnol a demandé à Frontex de l'aider à filtrer les migrants, mais les expulsions sans examen individuel de la demande d'asile restent interdites par le droit international. Le transfert vers le continent est exclu, par crainte d'une réaction de la droite. La crise devrait dominer la politique espagnole, alors que la politique migratoire de l'UE est de nouveau sous les projecteurs.
Questions fréquentes
Le Maroc est-il derrière la ruée sur Ceuta ?
Sánchez affirme qu'aucune preuve solide n'établit que le Maroc a planifié l'incident, malgré un rapport de police évoquant une possible facilitation marocaine.
Combien de migrants sont entrés à Ceuta en juillet 2026 ?
Environ 70 000 ont traversé entre fin juillet et début août ; au moins 82 morts, surtout par noyade.
Pourquoi tant de migrants sont-ils retournés au Maroc ?
La plupart sont repartis volontairement le jour même, sous pression et faute de places d'accueil. Des milliers, surtout d'Afrique subsaharienne, sont restés.
Quel est le statut de Ceuta et Melilla ?
Ce sont des villes autonomes espagnoles en Afrique. Le Maroc les revendique, mais l'Espagne et l'UE les considèrent comme espagnoles.
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