Espagne : 500 000 manifestants pour le logement

Manifestations pour le logement en Espagne : 500 000 personnes à Madrid après la crise des loyers. Décrets rejetés, revendications et risque d'élections.

Espagne : 500 000 manifestants pour le logement
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Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid et dans plus de 50 autres villes espagnoles le samedi 3 octobre 2026, lors des plus grandes manifestations pour le logement en Espagne depuis des années. Les manifestants réclament une action urgente du gouvernement face à une crise qui a fait grimper les loyers de près de 100 % en une décennie, tandis que les prix de vente augmentaient de 90 %.

Les organisateurs ont annoncé plus de 500 000 personnes dans la capitale, les autorités en comptant environ 70 000. Le rassemblement principal a convergé vers la Plaza de Cibeles, à Madrid, tandis que des protestations ont eu lieu à Valence, Oviedo, Donostia, Cadix et aux Canaries.

Qu'est-ce qui a déclenché ces protestations ?

La colère est née après l'expulsion de Maricarmen Abascal, 87 ans, en fauteuil roulant, du logement madrilène où elle vivait depuis 70 ans. Son propriétaire avait augmenté le loyer de 230 %. Elle a depuis été autorisée à revenir et est devenue un symbole de la crise. Le suicide d'Olga Matute après sa propre expulsion a encore accru l'indignation publique.

Le mouvement a aussi été alimenté par la révélation que la présidente régionale de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, avait acheté un penthouse de 6,3 millions d'euros. Le cas fait écho aux débats européens sur la protection des locataires.

Que s'est-il passé lors des manifestations du 3 octobre ?

La plupart des rassemblements ont été pacifiques, mais à Valence la protestation a dégénéré près du Palau de les Arts Reina Sofía, où se tenait le Valencia Real Estate Summit 2026. Les manifestants ont tenté de franchir un cordon policier. Les forces de l'ordre ont tiré des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène : au moins neuf policiers ont été blessés et cinq personnes interpellées.

Une grande manifestation prévue à Barcelone a été reportée à lundi en raison d'intempéries. Ces actions font suite à un campement d'une semaine à la Puerta del Sol, comparé au mouvement des Indignés de 2011.

Pourquoi le Parlement a-t-il rejeté les décrets logement ?

Le 2 octobre, le Congrès espagnol a rejeté deux décrets-lois d'urgence du gouvernement minoritaire de gauche de Pedro Sánchez. Ils devaient suspendre jusqu'en 2030 les expulsions de ménages vulnérables, encadrer la location temporaire et par chambre, et limiter les achats spéculatifs de fonds d'investissement.

Le Parti populaire (PP), l'extrême droite de Vox et le parti catalan Junts ont voté contre, tout comme l'UPN. Le PP soutient qu'il faut construire davantage plutôt que réglementer. Sánchez a averti : L'Histoire les jugera, et a ouvert une « période de réflexion » sur la convocation d'élections anticipées dès le 29 novembre 2026.

Que réclament les manifestants ?

Le Syndicat des locataires, coordinateur du mouvement, appelle à une grève générale nationale et demande :

  • Une baisse des loyers de 50 %
  • Des contrats de location à durée indéterminée
  • L'expropriation des logements détenus par des fonds d'investissement
  • L'application du droit constitutionnel au logement
  • L'interdiction immédiate des expulsions sans relogement

Impact et implications

Ces votes ratés mettent la coalition de Sánchez sous forte pression et approfondissent les divisions politiques. Le chef de l'opposition, Alberto Núñez Feijóo, presse le premier ministre de convoquer des élections. Les mouvements de locataires à Lisbonne, Amsterdam, Milan et Prague suivent la situation de près, et des analystes estiment que cette vague pourrait façonner la politique européenne du logement.

Depuis la crise financière de 2008, le coût du logement progresse plus vite que les salaires en Espagne, en raison de contraintes d'offre, de conversions touristiques de locations longue durée et d'investissements spéculatifs.

FAQ

Qu'est-ce qui a provoqué ces protestations ?

L'expulsion de Maricarmen Abascal, 87 ans, après une hausse de loyer de 230 %, puis le rejet de deux décrets protégeant les locataires.

Combien de personnes ont manifesté à Madrid le 3 octobre 2026 ?

Les organisateurs évoquent plus de 500 000 personnes, les autorités environ 70 000.

Les manifestations étaient-elles pacifiques ?

En majorité oui, mais des affrontements ont eu lieu à Valence, avec balles en caoutchouc, gaz lacrymogène et neuf policiers blessés.

Quelles sont les principales revendications ?

Baisse des loyers de 50 %, contrats à durée indéterminée, expropriation des logements des fonds et fin des expulsions sans relogement.

Une élection anticipée est-elle possible ?

Oui, Pedro Sánchez a ouvert une période de réflexion et pourrait convoquer des législatives le 29 novembre 2026.

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