Iran intensifie la répression contre les réformistes après les protestations

L'Iran arrête des politiciens réformistes un mois après la répression violente de vastes protestations, ce qui indique une intensification de la répression de l'opposition.

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Iran intensifie la répression contre les réformistes

Les autorités iraniennes ont arrêté plusieurs politiciens réformistes de premier plan, ce qui marque une escalade significative dans la répression de l'opposition après les vastes protestations nationales qui ont secoué le pays fin décembre et janvier. Ces arrestations surviennent exactement un mois après l'intervention violente des forces de sécurité lors de ce qui a été décrit comme la plus grande révolte anti-gouvernementale depuis la Révolution islamique de 1979.

Figures clés arrêtées

Parmi les personnes arrêtées figurent quatre membres éminents du mouvement réformiste iranien : Azar Mansouri, dirigeante de l'Union du Parti populaire islamique iranien et chef de la coalition du Front réformiste ; Mohsen Aminzadeh, ancien diplomate et vice-ministre des Affaires étrangères ; Ebrahim Asgharzadeh, ancien député et leader étudiant lors de la prise d'otages de l'ambassade américaine en 1979 ; et Javad Emam, porte-parole des partis réformistes.

"Ces arrestations sont un signal clair du régime que même une opposition loyale ne sera pas tolérée," a déclaré l'analyste du Moyen-Orient, Dr Sarah Johnson, dans une interview. "Les réformistes ont historiquement travaillé au sein du système, mais leurs récents appels à un changement de leadership ont franchi une ligne rouge."

Accusations et contexte

Selon la télévision d'État iranienne, les procureurs ont accusé les politiciens arrêtés d'"organiser et de diriger des activités visant à perturber la situation politique et sociale du pays face à la menace militaire des États-Unis et du régime sioniste." Les accusations semblent découler d'une déclaration publiée le mois dernier par des partis réformistes, appelant le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, à démissionner.

Les arrestations font suite à des semaines de répression brutale des protestations qui ont commencé le 28 décembre 2025 en raison de griefs économiques, mais qui ont rapidement évolué vers des demandes de changement politique systémique. Selon la documentation de Wikipédia, les protestations ont entraîné des pertes dévastatrices, avec des estimations variant entre 30 000 et 36 500 morts et des centaines de milliers de blessés dans les 31 provinces.

Un schéma plus large de répression

Cette dernière action contre les politiciens réformistes s'inscrit dans un schéma de répression croissante. Hier encore, la lauréate du prix Nobel, Narges Mohammadi, a reçu une peine de prison supplémentaire de sept ans pour "conspiration et activités de propagande". Mohammadi, une militante de longue date pour les droits des femmes et les droits humains, est devenue un symbole de la résistance à la politique répressive du régime.

"Le régime élimine systématiquement tout leadership potentiel pour de futures protestations," a noté le militant des droits humains, Amir Tehrani. "D'abord, ils brisent les manifestations de rue, puis ils ciblent l'opposition politique organisée."

Négociations nucléaires au milieu des tensions

Pendant ce temps, l'Iran et les États-Unis ont tenu vendredi à Oman leurs premières négociations nucléaires depuis des mois. Selon un rapport de CNN, les discussions indirectes se sont concentrées sur le programme nucléaire iranien, Téhéran offrant des contrôles limités sur ses activités nucléaires en échange d'un allègement des sanctions. Des différences significatives subsistent toutefois, notamment concernant le programme de missiles balistiques iranien et le soutien aux groupes proxy régionaux.

Le timing est remarquable - alors que la répression intérieure s'intensifie, l'Iran mène une diplomatie délicate avec son principal adversaire international. "Le régime tente d'équilibrer les préoccupations de sécurité intérieure avec la pression extérieure," a expliqué le politologue, Dr Reza Karimi. "Ils ont besoin d'un allègement des sanctions pour s'attaquer aux problèmes économiques qui alimentent les protestations, mais ils ne céderont pas sur leur appareil de sécurité."

Contexte historique du mouvement réformiste

Le mouvement réformiste iranien, tel que documenté par Wikipédia, est devenu proéminent pendant "l'ère des réformes" de 1997-2005 sous la présidence de Mohammad Khatami. Les réformistes plaident pour des réformes politiques et sociales dans le cadre de la République islamique, promouvant de plus grandes libertés, le développement de la société civile et l'amélioration des relations internationales. Malgré leur influence limitée dans la structure du pouvoir iranien - ils n'occupent qu'environ 15 % des sièges au parlement - ils représentent l'opposition interne la plus organisée face aux factions conservatrices dures.

Réaction internationale

Les organisations de défense des droits humains ont condamné à la fois la répression des protestations et les récentes arrestations. Amnesty International a documenté au moins 28 morts, dont des enfants, lors de la répression initiale des protestations, tandis que d'autres rapports suggèrent des bilans bien plus élevés. La communauté internationale est confrontée à des choix difficiles pour équilibrer la diplomatie nucléaire avec les préoccupations en matière de droits humains.

Comme l'a fait remarquer un diplomate occidental s'exprimant sous couvert d'anonymat : "Nous avons affaire à un régime qui négocie avec nous tout en réprimant brutalement son propre peuple. Cela crée des dilemmes moraux et pratiques pour les décideurs politiques."

Quelle est la suite ?

Les arrestations indiquent que la direction iranienne reste déterminée à maintenir le contrôle par la répression plutôt que par l'accommodement. Avec les voix réformistes étouffées et les leaders des protestations emprisonnés, le régime semble fermer les voies pacifiques du changement politique. Mais comme la pression économique persiste et l'isolement international se poursuit, les tensions sous-jacentes qui ont provoqué les protestations restent non résolues.

Les prochaines semaines révéleront si la répression parvient à stabiliser le régime ou ne fait que retarder une nouvelle confrontation entre le gouvernement iranien et son peuple.

Sources

Al Jazeera : L'Iran arrête des réformistes de premier plan

Wikipédia : Protestations iraniennes de 2025-2026

Wikipédia : Réformistes iraniens

CNN : Les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran à Oman expliqués

Amnesty International : Le bain de sang des protestations en Iran

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