Enquête fédérale sur Walz et Frey pour des déclarations sur l'immigration
Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête criminelle sur le gouverneur Tim Walz du Minnesota et le maire Jacob Frey de Minneapolis, selon plusieurs médias américains. L'enquête se concentre sur la question de savoir si les responsables démocrates ont conspiré pour entraver l'application fédérale des lois sur l'immigration par le biais de leurs critiques publiques des opérations de l'ICE à Minneapolis.
La ministre de la Justice Pam Bondi a confirmé l'enquête sur les réseaux sociaux, affirmant que 'personne au Minnesota n'est au-dessus de la loi'. Le ministère affirme que les deux politiciens ont tenu des propos qui pourraient être interprétés comme un encouragement à résister aux agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Contexte : La fusillade de Renee Good
L'enquête fait suite à des semaines de tensions croissantes à Minneapolis après la fusillade mortelle de Renee Good, 37 ans, par un agent de l'ICE le 7 janvier 2026. Good, mère de trois enfants, a été abattue à la tête alors qu'elle tentait de s'éloigner des agents. Des images vidéo montrent son véhicule reculant et avançant alors que les agents de l'ICE s'approchaient.
L'administration Trump, notamment la vice-présidente JD Vance et la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, défend les actions de l'agent comme de la légitime défense. Le maire Frey a cependant immédiatement remis en cause cette version après avoir vu les images, déclarant 'Il s'agit clairement d'une tentative de m'intimider parce que je défends Minneapolis'.
Intervention d'un tribunal fédéral
Dans un développement majeur, la juge fédérale Katherine Menendez a émis le 16 janvier une injonction préliminaire limitant les opérations de l'ICE à Minneapolis. La décision interdit aux agents de détenir des manifestants pacifiques, d'utiliser du gaz poivre contre les manifestants et d'arrêter des véhicules sans soupçon raisonnable d'entrave aux opérations fédérales.
La juge a donné au ministère de la Sécurité intérieure 72 heures pour se conformer aux nouvelles règles. L'affaire avait déjà été intentée par des résidents de Minneapolis avant la fusillade de Good, alléguant des violations des droits constitutionnels par des agents fédéraux.
Réactions politiques et implications
Le gouverneur Walz a réagi avec combativité à l'enquête, la qualifiant de 'stratégie autoritaire visant à utiliser le système judiciaire comme une arme contre ses adversaires'. Il a noté que 'la seule personne qui n'est pas enquêtée pour la fusillade de Renee Good est l'agent fédéral qui l'a abattue'.
L'enquête représente une escalade extraordinaire des tensions entre l'administration Trump et les dirigeants démocrates du Minnesota. Elle intervient dans le contexte de l'Operation Metro Surge, qui a déployé près de 3 000 agents de l'ICE et de la police des frontières dans la région des Twin Cities, entraînant plus de 2 400 arrestations de migrants sans papiers.
Les deux responsables risquent des accusations potentielles en vertu d'une loi fédérale interdisant la conspiration pour empêcher des agents fédéraux d'accomplir leurs fonctions par la violence, l'intimidation ou les menaces. Le FBI continue d'enquêter sur la mort de Good tout en refusant de coopérer avec les procureurs de l'État du Minnesota.
Alors que les manifestations se poursuivent par des températures glaciales devant le Bishop Henry Whipple Federal Building, cette enquête soulève d'importantes questions sur l'intersection de la liberté d'expression, de l'autorité fédérale et des représailles politiques dans une Amérique de plus en plus polarisée.
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