L'UE soutient le Danemark et le Groenland contre les menaces américaines de prise de contrôle, provoquant une crise à l'OTAN. Trump veut le Groenland pour le contrôle stratégique de l'Arctique et ses terres rares, mais les dirigeants européens avertissent qu'une action militaire détruirait l'alliance.
L'Europe s'unit contre les ambitions américaines sur le Groenland
L'Union européenne a apporté son plein soutien au Danemark et au Groenland alors que les tensions montent concernant de nouvelles menaces américaines de prendre le contrôle de l'île arctique stratégique. Le président du Conseil européen, António Costa, a envoyé un signal clair mercredi : 'Soyons clairs sur le Groenland : le Groenland appartient à son peuple. Rien ne peut être décidé concernant le Danemark ou le Groenland sans le Danemark, ou sans le Groenland. Ils ont le soutien et la solidarité complets de l'Union européenne.'
Les ambitions arctiques de Trump
Le président américain Donald Trump a rendu ses intentions explicites en déclarant que les États-Unis 'ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale' et n'excluent pas une action militaire. La Maison Blanche a confirmé cette semaine que Trump 'examine des options' pour obtenir le contrôle du Groenland, y compris une intervention militaire possible. Cela fait suite à l'opération militaire controversée de Trump au Venezuela, où des forces spéciales américaines ont capturé le président Nicolás Maduro, suscitant en Europe la crainte que le Groenland ne subisse un scénario similaire.
Le Groenland, la plus grande île du monde, a une immense valeur stratégique. Situé sur la route de missile la plus courte entre la Russie et les États-Unis, il est un élément crucial du bouclier antimissile américain. L'île contient également d'énormes ressources minérales inexploitées, dont environ 38,5 millions de tonnes de terres rares - représentant environ 30 % des réserves mondiales selon des analyses récentes. Alors que le changement climatique ouvre de nouvelles routes maritimes arctiques, l'importance géopolitique du Groenland ne fait que croître.
L'unité de l'OTAN en jeu
La situation a provoqué une crise sans précédent au sein de l'OTAN. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a lancé un avertissement clair : une action militaire américaine contre le Groenland détruirait l'alliance, mettant fin à 'tout', y compris l'OTAN et l'architecture de sécurité d'après-guerre. 'Je ne peux imaginer aucun scénario où les États-Unis d'Amérique seraient placés dans une position de violer la souveraineté danoise,' a déclaré prudemment le président français Emmanuel Macron lors de pourparlers de paix sur l'Ukraine à Paris.
Les dirigeants européens se trouvent dans une position délicate. Ils ont besoin du soutien américain pour l'Ukraine contre la Russie, mais ne peuvent approuver des menaces contre un allié de l'OTAN. Selon un reportage de CNN, des dirigeants européens comme le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron ont évité les critiques publiques envers les États-Unis pour préserver la coopération sur l'Ukraine, créant un exercice d'équilibre diplomatique.
Contexte historique et réalité actuelle
La relation américano-groenlandaise remonte à la Seconde Guerre mondiale lorsque le Danemark, occupé par l'Allemagne nazie, a autorisé les États-Unis à construire des bases militaires au Groenland. Aujourd'hui, il ne reste qu'une seule base - la base aérienne de Pituffik sur la côte nord-ouest. Depuis 1951, un accord danois donne pratiquement carte blanche à l'armée américaine sur le territoire groenlandais, tant qu'elle en informe préalablement le Danemark et le Groenland.
Le Groenland est un territoire autonome du Royaume du Danemark, bien que ne faisant pas partie de l'UE. Avec une population de seulement 57 000 personnes réparties sur 2,2 millions de kilomètres carrés, l'île est largement autogouvernée. Il y a un an, 85 % des Groenlandais ont déclaré dans un sondage de la presse danoise et groenlandaise qu'ils étaient opposés à une annexion par les États-Unis.
Solidarité européenne et prochaines étapes
Des représentants de six pays de l'UE et du Royaume-Uni ont publié une déclaration commune affirmant que le Groenland appartient à son peuple et que seuls le Danemark et le Groenland peuvent décider des questions concernant leurs relations. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a exhorté Washington à respecter le droit international, tandis que le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déclaré : 'L'Espagne sera toujours activement engagée auprès des Nations Unies et en pleine solidarité avec le Danemark et le peuple du Groenland.'
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio prévoit de rencontrer des représentants danois la semaine prochaine pour discuter de l'intérêt américain pour le Groenland. Entre-temps, le Danemark a considérablement augmenté ses investissements dans la sécurité du Groenland, avec une allocation de 1,2 milliard d'euros pour la région rien qu'en 2025.
La crise souligne les tensions croissantes dans la région arctique, où la Russie, la Chine et les États-Unis cherchent tous à étendre leur influence. Comme l'a noté la Première ministre danoise Frederiksen : 'La sécurité dans l'Arctique doit être obtenue collectivement, en coopération avec les alliés de l'alliance militaire de l'OTAN, y compris les États-Unis.' Les prochaines semaines révéleront si l'OTAN peut survivre à ce défi sans précédent pour ses principes fondamentaux.
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