Jacques Moretti, propriétaire du bar Le Constellation à Crans-Montana, a été arrêté après l'incendie meurtrier du Nouvel An ayant fait 40 morts. Le couple propriétaire fait face à des accusations d'homicide par négligence, tandis que la Suisse honore les victimes et remet en question les inspections de sécurité. L'enquête révèle que le bar n'avait pas été contrôlé depuis 2019.
Le propriétaire du bar incarcéré alors que la Suisse honore les victimes de l'incendie
Jacques Moretti, propriétaire du bar Le Constellation dans la station de ski suisse de luxe de Crans-Montana, a été arrêté et placé en détention provisoire à la suite d'un incendie dévastateur du Nouvel An qui a coûté la vie à 40 personnes et en a blessé plus de 100 autres. Le ressortissant français de 49 ans a été incarcéré le 9 janvier 2026 après que le ministère public a craint qu'il ne tente de fuir le pays.
Enquête pénale et accusations
Moretti et son épouse Jessica, qui géraient ensemble l'établissement, font face à de graves accusations pénales, notamment 'homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence' selon les autorités suisses. Le couple est désormais au cœur d'une vaste enquête pénale concernant l'une des pires tragédies survenues en Suisse ces dernières années.
Le président suisse Guy Parmelin a décrit l'incident comme 'une des pires tragédies que notre pays ait jamais connues' lors d'une journée nationale de deuil le 9 janvier. La décision de placer Moretti en détention est venue d'un juge du canton suisse du Valais, où se trouve la station de ski.
Origine de l'incendie
L'incendie s'est déclaré vers 01h30 le jour du Nouvel An dans le sous-sol du bar Le Constellation, bondé de fêtards célébrant l'arrivée de 2026. Les enquêteurs soupçonnent que le feu a probablement pris lorsque des fontaines à glace sur des bouteilles de champagne se sont retrouvées trop près d'un matériau d'insonorisation au plafond, provoquant son embrasement. Les flammes se sont propagées à une vitesse fulgurante dans l'établissement, piégeant de nombreuses personnes à l'intérieur.
Des images montrent le moment présumé de l'ignition, où des clients tiennent des bouteilles avec des 'fontaines à glace' ou des étoiles filantes apparemment entrées en contact avec le matériau inflammable du plafond. Le brasier qui en a résulté a fait 40 victimes, principalement des adolescents et de jeunes adultes, et a laissé 116 personnes avec des blessures graves. De nombreux blessés sont encore dans un état critique, avec la crainte que le bilan ne s'alourdisse encore.
Défaillances de sécurité et absence d'inspections
Le maire de Crans-Montana, Féraud, a révélé cette semaine que le bar n'avait pas fait l'objet de contrôle de sécurité incendie depuis 2019. Les tapis d'insonorisation fixés au plafond n'avaient jamais été testés pour leur résistance au feu, selon des déclarations officielles. Cette révélation a provoqué une vague d'indignation dans toute la Suisse et soulevé de sérieuses questions sur le contrôle réglementaire dans cette destination touristique populaire.
'Le bar n'avait pas fait l'objet d'un contrôle de sécurité annuel depuis 2019,' ont confirmé les autorités locales, ce qui semble indiquer un échec systémique dans l'application des règles de sécurité. La tragédie a suscité des appels à un renforcement des codes du bâtiment et à des inspections plus fréquentes des établissements de nuit dans toute la Suisse.
Journée nationale de deuil
La Suisse a observé une journée nationale de deuil le 9 janvier, avec des cloches d'église sonnant dans tout le pays à 14h00, suivies d'une minute de silence. Une cérémonie commémorative à Martigny a rassemblé 700 invités, dont 150 membres des familles des victimes, des secouristes et des dirigeants politiques de 37 pays.
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre belge De Wever figuraient parmi les dignitaires internationaux ayant assisté aux services commémoratifs. Les victimes étaient des ressortissants de plusieurs pays, notamment de France, de Belgique et d'Italie.
Le président suisse Parmelin a déclaré que la Suisse formait 'une seule communauté endeuillée' lors des cérémonies émouvantes. Le président valaisan Mathias Reynard a souligné l'impact particulier de la tragédie sur les jeunes victimes et a appelé à une responsabilité collective pour prévenir de telles catastrophes.
Enquête en cours et procédures judiciaires
L'enquête pénale continue d'examiner si des mesures de sécurité adéquates étaient en place et si les propriétaires avaient pris suffisamment de précautions. Alors que Jacques Moretti reste en détention, son épouse Jessica Moretti est également sous enquête mais n'a pas été placée en détention.
La tragédie a provoqué des appels généralisés à la responsabilité et à des réformes. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a appelé à des peines sévères, déclarant que la tragédie résultait de 'personnes qui ne font pas correctement leur travail.'
Alors que la Suisse continue de pleurer ses morts, les procédures judiciaires contre les propriétaires du bar représentent les premiers pas vers la justice pour les victimes et leurs familles. L'affaire devrait avoir des implications profondes pour les réglementations de sécurité dans les établissements de nuit à travers l'Europe.
Nederlands
English
Deutsch
Français
Español
Português